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Quels sont les enjeux du changement climatique?

Le climat en évolution

Le climat de la Terre a toujours évolué. Comme le montre la Figure 1, la température sur Terre connaît des fluctuations importantes et périodiques depuis 400 000 ans. Le climat est passé d'une période chaude à une période glaciaire, et ces changements ont pris des millénaires à se produire. Il existe également des indices d'importants changements qui se sont opérés à l'échelle régionale en l'espace de quelques décennies. Au cours de la même période, en étroite corrélation avec les changements de température, il s'est produit des changements de la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2). Des études révèlent que le CO2 constitue un important facteur de rétroaction qui amplifie grandement des changements qui ont été vraisemblablement déclenchés par des modifications touchant le système solaire attribuables à des variations d'orbite.

Graphique linéaire montrant la température et les concentrations atmosphériques de CO2 des 400 000 dernières années[D]
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Figure 1 : Température et concentrations atmosphériques de CO2 des 400 000 dernières années

Depuis 150 ans, quantité de données scientifiques confirment le réchauffement du climat de la Terre et l'accélération de ce réchauffement dans les vingt dernières années (Figure 2). Les changements que subit le climat sont devenus une source d'inquiétude à l'échelle mondiale. Selon un vaste consensus scientifique, l'accroissement des concentrations atmosphériques de CO2 depuis environ 1860 , comme le montre la Figure 3, est en corrélation avec la hausse de la température moyenne enregistrée durant la même période. Cet accroissement est attribuable en très grande partie à l'augmentation des émissions de CO2 résultant du brûlage de combustibles fossiles et d'autres activités humaines (comme le déboisement et l'agriculture). Dans un avenir prévisible, on s'attend à ce que les hausses constantes prévues des émissions anthropiques entraînent une augmentation continue des températures à la surface de la Terre, ce qui ne sera pas sans entraîner d'énormes répercussions négatives sur les populations de la planète.

Graphique linéaire montrant le changement de la température globale, de 1860 à 1999[D]
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Figure 2 : Variations de la température à la surface de la Terre par rapport aux normales de 1960 à 1990

Graphique linéaire montrant la tendance de la concentration de CO2[D]
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Figure 3 : Variations des concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre

Émissions de gaz à effet de serre et changement climatique

L'atmosphère terrestre est comparable à une serre. Comme le montre la Figure 4, certains gaz atmosphériques, que l'on appelle gaz à effet de serre (GES), absorbent les rayons infrarouges qui sont réfléchis dans l'espace et réchauffent la surface de la Terre dans des plages de température propres à la vie humaine. Les gaz à effet de serre que l'on trouve à l'état naturel, dont la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, l'ozone, le méthane et l'hémioxyde d'azote, créent ensemble un effet de serre naturel et bien équilibré.

Diagramme de l'effet de serre[D]
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Figure 4 : L'effet de serre

Au cours du dernier siècle, l'industrialisation des sociétés a donné lieu à une utilisation accrue des combustibles fossiles et à la conversion massive de régions boisées en terres agricoles ou en zones urbaines. Par conséquent, comme le montre la Figure 5, de grandes quantités additionnelles de gaz à effet de serre (surtout du CO2) ont été rejetées dans l'atmosphère. Après leur rejet, tous ces gaz demeurent dans l'atmosphère pendant de longues périodes (une centaine d'années dans le cas du CO2), ce qui accentue l'effet de serre naturel et induirait le réchauffement planétaire, comme cela a été observé au cours des cent dernières années.

Tableau montrant les principaux gaz à effet de serre[D]
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Figure 5 : Les principaux gaz à effet de serre

Les pays industrialisés cherchent sans cesse à hausser leur niveau de vie, et les pays en développement à s'industrialiser, mais en l'absence de changements importants sur le plan des activités humaines, on peut s'attendre à ce que les émissions anthropiques continuent de croître. Cela entraînera également, avant la fin du siècle, un doublement des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, par rapport aux niveaux pré-industriels.

Dans son troisième rapport d'évaluation, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) présente six scénarios d'émission des GES pour le prochain siècle. Le scénario prévoyant la hausse la plus élevée des émissions, le SRES A1 F1, présume une faible croissance de la population, une forte croissance économique et l'avènement d'une technologie efficace. Le scénario SRES B1, qui prévoit le niveau le plus bas d'émissions, présume une faible croissance démographique et économique et un essor technologique rapide. Les scénarios IS92a et IS92b (Figure 6), qui ont servi lors de nombreuses études de modélisation, se situent à mi-chemin entre les deux extrêmes. À partir de ces scénarios, entre autres, les plus récents modèles climatiques prévoient que la température moyenne mondiale à la surface de la Terre pourrait monter d'environ 1,4 à 5,8ºC d'ici 2100, comme le montre la Figure 7.

Graphiques linéaires montrant le changement projeté en CO2 et pour le climat : sommaire des hypothèses pour les scénarios alternatifs de I'IPCC (1992)[D]
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Figure 6 : Scénarios d'émission de gaz à effet de serre

Graphique linéaire montrant la variation projetée de la température moyenne mondiale[D]
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Conséquences possibles du changement climatique

La hausse des températures à la surface de la Terre modifiera bien d'autres aspects du système climatique, dont les précipitations, le régime des vents, ainsi que la fréquence et la gravité des phénomènes extrêmes dans certaines régions. Selon le GIEC, ces changements auront sans doute des effets à grande échelle sur les écosystèmes naturels et les sociétés. La Figure 8 présente une estimation des impacts prévus. En raison des interrelations entre les sous-éléments de chaque écosystème naturel et les populations humaines, et des interactions complexes entre l'homme et la nature, les conséquences potentielles pourraient être cumulatives, difficiles à comprendre et d'une portée considérable. Ce qui est plus menaçant et imprévisible encore, ce sont les changements qui influeront sur le climat de manière non linéaire, comme l'indiquent les données paléoclimatiques, si jamais certains seuils de déclenchement du système climatique sont atteints. Par exemple, si la circulation thermohaline ralentit, la circulation océanique pourrait connaître d'importants changements. Or, de tels changements pourraient avoir des effets catastrophiques sur le climat de certaines régions.

Diagramme des impacts potentiels du changement climatique[D]
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Figure 8 : Impacts potentiels du changement climatique

Atténuation du changement climatique

Pour réduire le plus possible le changement climatique et, par conséquent, éviter une perturbation, difficilement mesurable, de l'environnement à l'échelle planétaire, les populations du globe ont pris des initiatives dans le but ultime de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre et de stabiliser la hausse des concentrations atmosphériques de CO2 comme le montre la courbe verte à la Figure 6. En 1992, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a été signée par plus de 160 pays. En 1997, un protocole à cette convention, le Protocole de Kyoto, a reçu l'accord de plus de 160 pays. En juillet 2001, à Bonn, plus de 180 pays ont conclu une entente visant à mettre en œuvre le Protocole de Kyoto.

Cet instrument légalement contraignant engage les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % en moyenne par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2008 à 2012. L'objectif de réduction du Canada est de 6 pour cent par rapport aux niveaux de 1990 pour la même période. Selon les projections actuelles de la croissance des émissions, l'objectif national correspond à une réduction d'environ 26% des émissions de gaz à effet de serre sur dix ans (Figure 9), ce qui constitue un défi de taille pour le Canada.

Graphique linéaire montrant la prévision des émissions du Canada selon le maintien du statu quo et le Protocole de Kyoto[D]
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Figure 9 : Objectif de réduction des gaz à effet de serre du Canada aux termes du Protocole de Kyoto (Mt : millions de tonnes d'équivalent CO2)

Le gouvernement fédéral a annoncé qu'il mettrait en œuvre un Plan d'action sur le changement climatique pour respecter ses engagements. Ce plan, qui comprend un vaste train de mesures, devrait permettre au Canada de franchir le tiers du chemin menant à son objectif de réduction des émissions. Le gouvernement consacrera jusqu'à 500 millions de dollars à des initiatives de réduction des émissions de GES. Combiné aux 625 millions prévus au budget de 2000 pour des activités relatives au changement climatique au cours des cinq prochaines années, cet investissement porte à 1,1 milliard de dollars les sommes engagées pour réduire les émissions de GES au Canada. Ce dernier montant vient s'ajouter aux 850 millions que le gouvernement du Canada a dépensés pour s'attaquer au changement climatique depuis 1995.

Les gouvernements à tous les paliers, l'industrie, les collectivités, le monde scolaire et les organismes non gouvernementaux sont tous engagés dans l'action visant à atténuer le changement climatique. La stratégie à court terme vise un meilleur rendement de la consommation énergétique au Canada. À long terme, l'augmentation du financement consacré à l'innovation technologique devrait permettre de mettre au point de nouvelles formes d'énergie renouvelables et des technologies propres, et accroître la capacité de puits des forêts et des sols dans la séquestration du carbone. Parallèlement, le gouvernement fédéral s'efforce de mieux comprendre le changement climatique, ses impacts et les stratégies permettant de s'y adapter, ce qui est devenu un important élément de ses activités de recherche scientifique.

Des comptes rendus plus détaillés des actions entreprises au Canada pour contrer le changement climatique peuvent être consultés à plusieurs sites Web consacrés à ce phénomène, dont les suivants :