La carte illustre l'effet probable d'une forte hausse inattendue du prix de détail du carburant pendant la période de 1990 à 2010 sur le rendement énergétique moyen des véhicules légers. Les véhicules légers comprennent les automobiles et les camions légers. Ils consomment beaucoup d'énergie, et leur rendement énergétique moyen est un facteur important dans l'élaboration des politiques sur les émissions de gaz à effet de serre et sur le changement climatique. Plus le rendement énergétique est faible, plus les émissions unitaires des véhicules et leur contribution à la production des gaz à effet de serre sont élevées. Le prix du carburant est le principal coût d'utilisation d'un véhicule. Une augmentation du prix pourrait, dans une certaine mesure, pousser les consommateurs à choisir des véhicules plus éconergétiques afin de réduire le coût d'utilisation. C'est dans les provinces des Prairies que les consommateurs réagiraient le plus à une hausse du prix du carburant en se tournant vers des véhicules moins gourmands.
Cette carte représente, pour les régions peuplés de chaque division de recensement, l'effet probable d'une augmentation importante et inattendue du prix à la consommation du carburant pendant la période de 1990 à 2010 sur le rendement énergétique moyen des véhicules légers. Les années 1990 et 2010 sont les années de base et de référence, sur laquelle repose l'objectif des réductions de gaz à effet de serre du Protocole de Kyoto. L'amélioration du rendement énergétique des véhicules légers est mesurée en fonction de cette augmentation inhabituelle du prix du carburant. Une autre couche de cette carte représente l'amélioration du rendement énergétique des véhicules légers dans un scénario de statu quo, où les prix augmentent normalement. On suppose dans ce scénario qu'il n'y aura pas de changement inattendu dans les facteurs associés aux véhicules ni d'autres changements de politique pendant la période de 1990 à 2010.
Le rendement énergétique des véhicules légers, exprimé en milles au gallon, a été défini en calculant la moyenne des cotes de rendement énergétique de chaque classe de véhicules, pondérée par la part du marché occupée par cette classe de véhicules dans chaque division de recensement. Les données sur l'amélioration du rendement énergétique en réaction à l'augmentation inattendue du prix du carburant ont été obtenues en comparant un scénario dans lequel le prix augmente anormalement avec un scénario dans lequel la situation reste normale. Le scénario de hausse du prix du carburant suppose une augmentation de 0,50 $ le litre de plus que la hausse normale prévue dans le scénario du statu quo pendant la période de 1990 à 2010, les autres variables étant les mêmes pour les deux scénarios.
Les véhicules légers incluent toutes les voitures et des camions légers. Les classes de véhicules légers définies par l'EPA (nom en anglais, Environmental Protection Agency) ont été adoptées pour la classification des véhicules. Cette classification comporte 15 classes : six pour les automobiles, six pour les camions légers et trois pour les familiales. La grande majorité des véhicules légers vendus dans chaque division de recensement se retrouvent dans sept classes soit les voitures super-compactes, les voitures compactes, les voitures moyennes, les grosses voitures, les fourgonnettes, les petites voitures utilitaires, et les gros camions légers. Les classes restantes sont regroupées sous « autres véhicules légers », ce qui incluent des voitures à deux places, des voitures mini-compactes, des petits camions légers, des fourgons, des grosses voitures utilitaires, et trois classes de familiales.
Les véhicules consomment une part importante de l'énergie au Canada, et les données sur leur rendement énergétique moyen peuvent aider à élaborer des politiques sur les émissions de gaz à effet de serre et sur le changement climatique. Plus faible est le rendement énergétique, plus élevées sont les émissions par véhicule et la contribution à la production des gaz à effet de serre. La part de marché du véhicule est l'un des deux grands facteurs déterminants du rendement énergétique moyen (l'autre étant son rendement énergétique proprement dit). La carte du rendement énergétique moyen présente la composition du parc de véhicules dans une région donnée.
Le prix du carburant est le principal coût d'utilisation d'un véhicule. Logiquement, toute hausse du prix du carburant se traduira, dans une certaine mesure, par un choix de véhicule plus éconergétique afin de réduire le coût d'utilisation. Les véhicules plus petits et éconergétiques verront donc leur part de marché augmentée, ce qui aura pour effet d'améliorer le rendement énergétique moyen.
Dans l'étude justificative, on a considéré quatre scénarios de hausse du prix (de 0,05 $ à 0,50 $/l). Pour une hausse de 0,05 $, l'amélioration nette potentielle serait de 0,1 % à 0,7 %. Cette amélioration nette augmenterait avec la hausse des prix à la pompe. Dans le cas d'une hausse de 0,50 $, elle serait de 1,6 % à 3,7 %.
Dans l'ensemble, les scénarios démontrent que le rendement énergétique des véhicules légers ne s'améliorera que si le prix du carburant augmente beaucoup. Ils mettent également en évidence d'importantes variations spatiales. Sur la carte, par exemple, on constate que les provinces des Prairies seraient les plus réceptifs pour l'amélioration de l'efficacité énergétique envers les prix de carburant. Québec serait le moin réceptif due à sont haut classement pour l'efficacité énergétique.
Une étude de cas a été effectuée par la Division GéoAccès de Ressources naturelles Canada en collaboration avec la Division de l'utilisation de l'énergie reliée au transport de Ressources naturelles Canada. L'étude a été développée afin de démontrer une approche économétrique spatiale utilisant la modélisation pour l'élaboration des politiques. La projection de l'efficacité énergétique moyenne des véhicules légers par division du recensement a été produite lors de cette étude. Pour plus d'information sur la méthodologie du modèle économétrique spatial voir Méthode utilisée pour établir les prévisions.
La vérification de cette projection de la part de marché des véhicules légers s'est avérée valide pour prévoir, à court terme et à moyen terme, le déplacement des ventes pour un éventail de véhicules légers d'une année modèle donnée. Cependant, cette projection est basée sur une série d'hypothèses macroéconomiques, énoncées dans Perspectives énergétiques du Canada 1997, qui représentent la meilleure évaluation possible pour l'avenir prévisible s'il n'y a pas de nouvelle intervention stratégique. De façon générale, on considère qu'une projection économétrique doit être utilisée pour donner une prévision de tendance plutôt qu'une prévision numérique.
Il faut également souligner que, même si cette projection a été élaborée pour le compte de Ressources naturelles Canada, elle n'est pas une projection officiellement reconnue par Ressources naturelles Canada. On peut avoir une projection officielle de l'efficacité énergétique et de la part de marché des véhicules à des niveaux provincial et national agrégés en consultant Perspectives des émissions du Canada : une mise à jour 1999.