Est illustré ici le risque d'érosion éolienne des sols non protégés dans les zones sensibles au changement climatique. Les régions qui sont susceptibles d'être les plus sensibles au réchauffement climatique sont situées dans le sud et le centre des Prairies et dans la partie la plus méridionale de l'Ontario. Le risque d'érosion éolienne est tributaire de la nature du climat et de la végétation d'une zone donnée. Les régions au climat sec et chaud et à couverture végétale clairsemée sont plus vulnérables à l'érosion éolienne. Les indices de sensibilité climatique ont été obtenus par comparaison des régions écoclimatiques présentes et futures du Canada, en supposant un doublement de la concentration de dioxyde de carbone atmosphérique par rapport aux niveaux pré-industriels.
Dans plusieurs régions du Canada, l'érosion éolienne a des effets visibles sur les terres agricoles et les dunes de sable. Elle entraîne des pertes de sols et de substances nutritives et réduit le rendement des cultures. Aujourd'hui, on comprend assez bien les effets de l'érosion éolienne sur les sols non protégés, dans les conditions actuelles. En général, le risque croît en fonction de la sécheresse du sol et de la force du vent, deux conditions dont la probabilité augmente avec le réchauffement climatique. Cette carte montre la vulnérabilité projetée des régions au changement climatique.
Cette carte montre la distribution générale et les variations locales de deux variables :
Pour chacune de ces deux variables on distingue quatre degrés de sévérité du risque. La grille ci-dessous (Figure 1) indique les seize combinaisons possibles de ces deux variables. Les couleurs les plus vives et saturées représentent les zones où les risques sont le plus grands.
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Figure 1 : Grille de sensibilité
La carte indique que les régions situées dans le centre et le sud des Prairies et dans l'extrême sud de l'Ontario (en rose et en orange) sont les plus sensibles au réchauffement climatique. Ces régions présentent un risque d'érosion éolienne qui varie suivant les circonstances locales. Les zones qui présentent les risques les moins importants dans les conditions actuelles - faible sensibilité au climat et faible risque d'érosion éolienne - sont probablement celles en vert pâle : le pourtour nord des Prairies et de grandes parties des régions agricoles du Québec et des provinces maritimes.
La sensibilité des dunes a aussi été établie à la lumière des variations possibles des conditions écoclimatiques. Les variations de l'érosion éolienne des dunes dépendront surtout des variations quantitatives et qualitatives du couvert végétal. Au Canada, la plupart des dunes sont considérées comme ayant une faible sensibilité au climat parce que l'on s'est rendu compte que la modification de leur couvert végétal n'a, dans la plupart des cas, que peu d'effet sur leur activité. Les zones sensibles au changement climatique sont le sud de l'Alberta et de la Saskatchewan, qui correspondent à une région semi-désertique possible. Le sud de l'Ontario et des parties des Maritimes, y compris l'Île-du-Prince-Édouard, affichent un degré de sensibilité allant de modéré à élevé. La sensibilité décline vers le nord en proportion des variations des conditions climatiques et du couvert végétal.
Wolfe, S.A. et W.G. Nickling. 1997. Sensitivity of Eolian Processes to Climate Change in Canada. Commission géologique du Canada, Bulletin 421. Ottawa : Ressources naturelles Canada.