C’est dans le sud du pays, en particulier, où l’activité humaine est répandue et intense, que le nombre d’espèces en péril est le plus élevé. En mai 2002, on avait dénombré la disparition de trente espèces d’animaux et de plantes au Canada. Parmi ces espèces, onze ont complètement disparu de la surface de la Terre. La plus grande menace pour la plupart des espèces est l’altération de leur habitat ou des conditions de croissance essentielles. Le programme RESCAPE, ou comité de Rétablissement des Espèces Canadiennes en Péril, est l’initiative nationale la plus importante en matière de conservation des espèces en péril au Canada. De plus, le gouvernement fédéral s’est engagé à prôner le développement durable et l’établissement de zones protégées qui englobent l’ensemble des espèces et des paysages du Canada.
Ce sont les espèces indigènes de mammifères, d’oiseaux, de poissons, de reptiles, d’amphibiens, de végétaux et de mollusques qui, à l'échelle nationale, sont sur le bord de l'extinction. Presque tous les rapports sur ces espèces établissent un lien clair avec certaines activités humaines qui, en raison de leur intensité, de leur ampleur ou de leur persistance, ont eu des répercussions négatives sur l'habitat ou la condition de certaines espèces. La répartition des espèces à risque constitue donc un indicateur suffisant de la distribution des différentes menaces.
Le rétablissement d'une espèce dans la nature est impossible sans le rétablissement des composantes de l'écosystème, de la structure et des processus qui fournissent l'habitat nécessaire à sa survie. Le principal programme national de rétablissement des espèces canadiennes en péril, RESCAPÉ (Comité de Rétablissement des Espèces Canadiennes en Péril), a été créé en 1988 par le Conseil canadien des ministres responsables de la faune, afin de répondre à l'accroissement du nombre des espèces en péril au Canada. Le Comité regroupe des organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux s'occupant de la faune ainsi que plusieurs organismes non gouvernementaux (Fédération canadienne de la nature, Fédération canadienne de la faune et Habitat faunique Canada). Pour la période de 1988 à 1998, les fonds combinés de toutes les sources pour RESCAPÉ ont totalisé plus de 27 millions de dollars.
Le Comité s'est fixé les objectifs nationaux suivants :
À l'heure actuelle, les activités du RESCAPÉ portent principalement sur la protection et le rétablissement des vertébrés terrestres, qui comprennent les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les amphibiens. Toutefois, la portée de ses activités prend de l'ampleur et le Comité comprend désormais une équipe chargée du rétablissement des écosystèmes à laquelle s'ajouteront bientôt des équipes de rétablissement qui s'occuperont d'autres éléments du biote, comme les plantes. Des spécialistes de la faune envisagent aussi plusieurs nouvelles stratégies de rétablissement, comme la réduction des menaces et la planification du rétablissement de nombreuses espèces. La restauration d’un habitat approprié qui permet à une espèce d'exister est essentielle aux efforts de rétablissement des espèces. Depuis 1988, le Comité (qui en tout compte 50 espèces dans le cadre de son mandat) a approuvé des plans de rétablissement pour 19 espèces. Depuis, deux espèces ont vu leur statut relevé par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC) (buse rouilleuse et faucon pèlerin de la sous-espèce tundrius), et deux espèces ont été rayées de la liste (bruant de Baird et belette à longue queue des Prairies); ainsi, au 31 mars 1998, le nombre de vertébrés terrestres disparus, en danger de disparition et menacés était de 46; présentement, on compte des équipes de rétablissement pour 33 de ces espèces.
Dans les douze écozones du Canada, il existe de nombreuses espèces en péril. Le tableau 1 donne une liste complète de ces espèces. Celles-ci sont recommandées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) afin d'être examinées selon la Loi sur les espèces en péril.