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Feux de forêt

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Résumé

Environ 10 000 feux brûlent 2,5 millions d'hectares de forêt au Canada chaque année. Deux thèmes de l'étude des feux sont abordés sur cette carte : la surveillance du lieu et de l'étendue des feux (montrées sur la planche des points chauds) et l'évaluation du danger de feu basée sur les conditions climatiques et le type de végétation (montrée sur la planche de l'évaluation des dangers des incendies).


Les feux de forêt représentent un agent de changement important les écosystèmes forestiers canadiens. Les feux de forêt sont causés par deux facteurs distincts au Canada : l'activité humaine et la foudre. En moyenne, la foudre cause un tiers des feux au Canada, et ces feux sont tout de même responsables de 90 % de la superficie brûlée. De façon générale, ces feux sont allumés par la foudre dans les régions éloignées du pays, où la détection est plus difficile. Les autres feux sont causés par l'activité humaine, ils sont beaucoup plus nombreux, mais plus petits.

Lutte contre les incendies

Dans certains parcs nationaux et dans les régions nordiques, on laisse les feux brûler sans tenter de les maîtriser tant qu'ils ne menacent pas les collectivités, le bois d'intérêt commercial ou d'autres valeurs. Toutefois, la plupart des feux sont éteints. Les coûts de l'extinction des incendies au Canada s'élèvent en moyenne à 400 millions de dollars par année, et les dommages aux biens (excluant la perte de valeur de la matière ligneuse) dépassent en moyenne 10 millions de dollars par année.

Par contre, le feu comporte aussi de nombreux effets positifs. Il représente un élément naturel important de l'écosystème de la forêt boréale. Cette dernière est dite dépendante du feu, à cause du rôle que joue le feu dans le recyclage de la biomasse et des substances nutritives. Certaines espèces, comme le pin gris, dépendent du feu pour se reproduire. Ses cônes s'ouvrent sous l'effet de la chaleur du feu et ses graines tombent alors sur un sol dépourvu de végétation et fertilisé par les cendres.

Photo de cônes sérotineux[D]
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Ces cônes sérotineux ont besoin de la chaleur du feu pour s'ouvrir.

Le feu contribue à préserver la biodiversité et la diversité des classes d'âge dans le peuplement en pratiquant des ouvertures dans le couvert forestier, ce qui permet à la lumière du soleil de pénétrer davantage pour atteindre le tapis forestier. Le feu agit également comme agent contrôleur du feu : après un feu, la quantité de combustibles est réduite et le danger de feu diminue.

Photo de l'épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium).[D]
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La première espèce à pousser dans une région brûlée, nommée épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium).

Pour de plus amples renseignements au sujet de ces deux planches sur les feux de forêts, veuillez consulter les cartes mentionnées ci-dessous :

Évaluation des dangers d’incendie de forêt au Canada

Méthode

L'évaluation des dangers d'incendie de forêt consiste à examiner et à intégrer systématiquement les facteurs qui déterminent la facilité d'allumage et de propagation du feu, la difficulté de le maîtriser et les impacts qui en découlent, en tenant compte d'une évaluation du risque d'allumage, de l'environnement du feu (combustibles, conditions météorologiques et topographie) et des valeurs en péril. Les systèmes d'évaluation des dangers d'incendie de forêt établissent des indices des risques de feu, qui sont utilisés comme indicateurs dans diverses applications relatives à la gestion des incendies.

Au Canada, le danger d'incendie de forêt est surveillé au moyen de la Méthode canadienne d'évaluation des dangers d'incendie de forêt (MCEDIF) établie par le Service canadien des forêts. La MCEDIF fait la synthèse de deux grandes méthodes : la Méthode canadienne de l'indice forêt-météo (IFM) (fournit une estimation du danger d'incendie fondée sur l'enregistrement continu des observations météorologiques relevé à midi chaque jour); et la Méthode canadienne de prévision du comportement des incendies de forêt (PCI). La méthode PCI utilise des données sur les types de combustibles et sur le terrain (élévation, pente, aspect), ainsi que les résultats de la méthode IFM, pour établir des prévisions de la vitesse de propagation, de la consommation de combustible et de l'intensité du feu.

Le public connaît l'IFM grâce à des panneaux comme celui-ci, que l'on peut voir dans les régions boisées partout au Canada.

Photo du panneau de l'indice de risque de feu[D]
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Panneau de l'indice de risque de feu

Interprétation

Sur la planche d'évaluation du danger d'incendie, les valeurs de l'IFM ont été classées en plusieurs groupes. Pour un type de combustible particulier (une pinède), on peut s'attendre à observer les comportements de feu suivants :

  • Faible : feu couvant ou autoextinguible. Hauteur des flammes : moins de 10 centimètres.
  • Moyen : feu de surface rampant ou modéré. L'attaque manuelle directe par les pompiers, à l'aide d'outils manuels et d'eau, est possible. Les pare-feux construits à la main devraient tenir. Hauteur des flammes : jusqu'à 1 mètre.
  • Élevé : feu de surface modérément vigoureux. Un pare-feu construit à la main ne tiendrait probablement pas. On réussit habituellement à maîtriser le feu à l'aide d'équipement lourd (bouteur, engin-pompe, aéronef). Hauteur des flammes : jusqu'à 2 mètres.
  • Très élevé : feu de surface intense. De fréquentes flambées en chandelle sont possibles. Les efforts de lutte à la tête du feu peuvent échouer. Hauteur des flammes : jusqu'à 3 mètres.
  • Extrême : feu de cimes . La maîtrise est très difficile. Les mesures d'extinction se limitent aux flancs du feu. L'attaque indirecte par allumage aérien (contre-feu) peut être efficace. Hauteur des flammes : de 3 à 25 mètres ou plus.

Points chauds

Un point chaud est un pixel dans une image satellite infrarouge qui renferme la « signature spectrale » de la végétation incendiée. Chaque pixel d'une image, et par conséquent chaque point chaud, représente 1 kilomètre carré de terrain. Le feu qui brûle dans le point chaud peut couvrir toute cette superficie ou être aussi petit que 0,001 kilomètre carré (environ 30 mètres par 30 mètres). Un pixel particulier peut demeurer chaud pendant plusieurs jours de suite, alors que brûlent différentes zones à l'intérieur du pixel.

Un système national d'information détecte, surveille et cartographie automatiquement, de façon quotidienne, tous les gros incendies de forêt au moyen d'images satellitaires infrarouges. Une fois les points chauds détectés, le danger d'incendie de forêt est calculé pour les lieux en question.

Ce système donne, de façon quotidienne, un aperçu spatial explicite de l'activité des feux de forêt au Canada. Les points chauds et les autres données satellitaires sont aussi utilisés pour estimer la superficie brûlée. Cependant, les détecteurs à bord des satellites ne peuvent « voir » à travers la couverture nuageuse. Les feux qui brûlent sous un ciel nuageux ne sont donc par illustrés par des points chauds sur les cartes.

Interprétation

La plupart des feux se situent dans la forêt boréale, cette large bande de forêt renfermant surtout des conifères qui traverse le pays, du Yukon à Terre-Neuve. La forêt boréale est sujette aux feux intenses et de grande envergure, en particulier dans l'Ouest, à cause de sa composition (arbres à aiguilles), du climat et de la contiguïté des zones boisées. Le feu est un élément naturel de l'écosystème de la forêt boréale et il joue un rôle important dans le cycle des éléments nutritifs et du carbone.