
Les forêts canadiennes sont un écosystème alimenté par le feu. Chaque été, des incendies de forêt font rage au Canada, brûlant chaque année une superficie moyenne de 25 000 kilomètres carrés. Les feux représentent une menace pour la santé et la sécurité publique, détruisent des biens, entraînent des difficultés économiques et perturbent, de façon générale, la vie des gens. D’un autre côté, le feu permet le renouvellement de la forêt, l’aidant ainsi à maintenir sa santé et sa biodiversité.
Poursuivez cette lecture pour en apprendre davantage sur comment se déclarent les incendies, qui s’occupent de les éteindre, combien cela coûte, où ont eu lieu les pires incendies au Canada et ce que vous pouvez faire pour vous protéger.
Volutes de fumée grise, flammes oranges et brillantes s'élançant jusqu'à 50 mètres dans les airs, restes d'arbres noircis dans un désert de cendres – voici les images d’un feu de forêt. Frappant avec une puissance inouïe, il apporte à la fois destruction et renouvellement. Les incendies peuvent être une menace à la santé et la sécurité publique, aux biens et aux ressources naturelles, mais ils jouent également un rôle important dans le maintien de la santé et de la diversité des écosystèmes forestiers.
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Figure 1 : Panache de fumée : incendie de Vermilion Pass, au parc national Kootenay, en Colombie-Britannique, 1968
En moyenne, on rapporte environ 8 500 feux chaque année au Canada brûlant une superficie de 2,5 millions d'hectares (25 000 kilomètres carrés). La superficie des zones incendiées varie beaucoup d’un endroit à l’autre et d’une année à l’autre dans le pays. Par exemple, en 1978, 0,3 million d’hectares de terre ont été brulés comparativement à 7,5 millions en 1989. A des fins de comparaison, il y a approximativement un million d’hectares de terre dédié aux récoltes chaque année. Environ 60 % des incendies de forêt sont d’origine humaine, bien que dans certaines régions, une grande majorité des feux sont le résultat de la foudre. Face aux changements climatiques qui pourraient amener des conditions plus sèches et des événements météorologiques violents, il est probable que les incendies de forêt augmentent.
Le feu est un phénomène naturel présent dans la plupart des écosystèmes forestiers du Canada, et l’est d’ailleurs depuis des milliers d’années. Plusieurs feux, dans les régions nordiques et certains parcs nationaux, peuvent rester allumés jusqu’à ce qu’ils soient éteints par la pluie ou la neige. Toutefois, les endroits les plus peuplés et où le bois d’œuvre a une valeur marchande plus élevée, les feux sont combattus plus agressivement. Alors que les aspects positifs des incendies de forêt sont reconnus, toutes les agences de gestion des feux de forêt ont comme priorité de protéger la vie des gens ainsi que leurs biens.
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Figure 2 : Pompiers en première ligne
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Figure 3 : Les avions-citernes peuvent laisser tomber de grandes quantités d’eau et de mousse coupe-feu
Les activités opérationnelles de gestion des feux de forêts, telles que l’extinction des incendies, la prévention et le brûlage dirigé, sont assumées par les gouvernements provinciaux, territoriaux et par Parcs Canada. Collectivement, ces organismes dépensent entre 400 et 800 millions de dollars chaque année, ce qui fait de la gestion des feux un des aspects les plus coûteux de l’aménagement forestier au Canada. Les défis comprennent :
Des conditions très sèches combinées à de forts vents mènent parfois à des feux qui ne peuvent être arrêtés par les ressources et les technologies actuelles de lutte contre les feux. Dans de telles situations, les efforts de lutte contre le feu sont surtout consacrés à protéger toutes les maisons et les commerces menacés par le feu, et ce, jusqu’à ce que les conditions météorologiques changent et permettent alors des efforts directs d’extinction.
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Figure 4 : Forêt en flammes
Les incendies de forêt hors de contrôle soulèvent des préoccupations dans les milieux périurbains, qui sont les zones où les communautés ou les développements urbains rencontrent la forêt ou la prairie. Un nombre sans cesse croissant de gens résident, travaillent, campent et font de la randonnée pédestre dans les forêts canadiennes, rendant la prévention et la suppression des incendies de plus en plus importantes. Des programmes tels que Intelli-feu traitent des enjeux en matière de sûreté et de protection des communautés.
Le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada, qui œuvre avec des collaborateurs provenant des organismes de gestion des incendies et des universités, maintient un programme de recherche reconnu mondialement, depuis le milieu des années 1920, pour ses diverses innovations et outils opérationnels. La symbolisation familière des dangers d’incendies codée au moyen de couleurs que l’on trouve dans les régions boisées de l’ensemble du Canada a été mise au point dans le cadre de ce programme. Plus récemment, il a élaboré le site Web « Les feux de forêt au Canada » qui comporte des cartes interactives et d’autres cartes illustrant les situations quotidiennes des incendies de forêt. De tels programmes et activités ont contribué à la sécurité globale et au bien-être des Canadiens ainsi qu’à la durabilité de nos forêts. Vous pouvez consulter ce site Web en vous rendant à la rubrique Références et liens.
Au Canada, les incendies de forêt entraînent des dépenses énormes d’argent. En moyenne, il en coûte plus de 400 millions de dollars chaque année pour combattre des incendies de forêt (1990-2001). En 1998, les coûts de gestion des feux dépassaient les 800 millions de dollars et en 2003, ils atteignaient la barre du milliard de dollars.
Aucune vie civile n’a été perdue au Canada depuis le feu de 1938 qui a ravagé le canton de Dance, en Ontario (qui a fait 20 morts). Toutefois, entre 1986 et 2005, 34 employés affectés à la gestion des incendies ont été tués soit par le feu ou lors du processus d’efforts de lutte contre les incendies (par exemple suite à l’écrasement d’un avion).
Tableau 1 : Décès attribués aux incendies de forêt
| Année | Décès |
|---|---|
| 1986 | 6 |
| 1987 | 3 |
| 1988 | 3 |
| 1989 | 0 |
| 1990 | 3 |
| 1991 | 4 |
| 1992 | 2 |
| 1993 | 0 |
| 1994 | 2 |
| 1995 | 4 |
| 1996 | 0 |
| 1997 | 0 |
| 1998 | 0 |
| 1999 | 0 |
| 2000 | 0 |
| 2001 | 2 |
| 2002 | 0 |
| 2003 | 3 |
| 2004 | 2 |
| 2005 | 0 |
Les Canadiens vivent, travaillent et s’amusent dans les régions boisées du pays et profitent des économies fondées sur les ressources, des possibilités d’emploi et des activités récréatives qu’elles offrent. Cependant, les risques de feux de végétation pour les résidences et les collectivités peuvent être significatifs, et le Canada a une longue histoire en matière d’évacuations et de destruction des biens matériels suite à des incendies de forêt.
Alors que le feu aura toujours un impact important sur la plupart des forêts canadiennes, des activités d’atténuation telles que l’éducation du public, la gestion des combustibles et de bonnes méthodes de construction et d’aménagement peuvent réduire de façon radicale la probabilité de pertes ou de dommages infligés aux infrastructures privées ou publiques.
Il existe un certain nombre de méthodes simples et abordables, pour les propriétaires de maisons situées à proximité des forêts, qui leur permettent de réduire les risques d’incendie. Par exemple, déblayer les alentours de l'habitation de toute végétation, employer des matériaux de construction ignifuges, et déterminer les risques et s'y préparer. Des programmes tels que Intelli-feu traitent des enjeux entourant la sécurité et la protection des collectivités. Vous pouvez consulter ce site Web en vous rendant à la rubrique Références et liens.
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Figure 5 : Intelli-feu : protéger votre localité contre les incendies forestiers
La protection communautaire exige une approche multidisciplinaire à long terme pour réduire les risques d'incendies de forêt ou de pertes connexes. L'éducation du public, les préparatifs d'urgence, l'évaluation des dangers et l’aménagement du territoire peuvent faire une différence. La protection communautaire consiste à minimiser les effets négatifs des feux sur une collectivité et à préparer des ripostes collectives efficaces aux incendies.
Pour plus d'information sur la façon de protéger votre logement et votre collectivité, visitez les sites Web «Intellifeu» et «Votre famille est-elle prête?» de Sécurité publique Canada, en consultant la section Références et liens. Ce dernier site fournit des conseils sur comment préparer un plan d’urgence ainsi qu’une trousse d’urgence qui seront utiles en cas d’un désastre naturel ou en situation d’urgence.
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Figure 6 : Maisons détruit, Okanagan en 2003
« L’été 2003 a été le plus catastrophique pour la Colombie-Britannique en matière d’incendies forestiers. Des conditions météorologiques anormalement chaudes et sèches ont conduit à plus de 2 500 débuts d’incendies de végétation sur un vaste territoire, majoritairement à l’intérieur de la province. Le nombre d’incendies d’interface, qui se produisent aux endroits où les territoires sauvages rencontrent les zones de développement urbain, avait atteint un niveau record.
Les incendies d’interface survenus au cours de cet été ont détruit plus de 334 résidences ainsi que plusieurs établissements commerciaux en plus de forcer l’évacuation de plus de 45 000 personnes. Le coût total de la tempête de feu a été évalué à 700 millions de dollars. La plus grande perte de toutes a été celle de la vie de trois pilotes qui sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions.
Les Britanno-Colombiens peuvent se considérer chanceux que la catastrophe n’ait pas été pire. Peu de communautés dans la province auraient pu être soustraites à un incendie d’interface, étant donné les indices de risque de feu élevés au cours de l’été. Si on ne prend pas les mesures nécessaires, le danger persiste. » (Filmon, 2004)
Plus de renseignements au sujet des feux de la Colombie-Britannique en 2003 sont disponibles à la page des Références et liens.
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Figure 7 : Chisholm, Alberta, 2001
« L’incendie de Chisholm, qui a pris naissance près d’une ligne de chemin de fer du Canadien National le 23 mai 2001, a détruit 10 résidences, une cabane de trappeur, 48 dépendances et quelques véhicules, majoritairement dans le hameau de Chisholm, à environ 150 kilomètres au nord d’Edmonton (dans l’arrondissement municipal de Lesser Slave River no 124). Aucun décès n’a été rapporté à la suite de ce feu.
Le vent et les conditions sèches ressenties à Chisholm ont suscité un comportement extrême du feu, brûlant ainsi environ 116 000 hectares de terre, soit une superficie équivalente à trois fois la taille de la ville d’Edmonton.
L’incendie a sévèrement endommagé le hameau de Chisholm par suite de la perte de biens et de la perturbation de la vie des résidents. De plus, l’industrie forestière a perdu près de 4,5 millions de mètres cubes de matière ligneuse et plus de 6 300 hectares de blocs de coupe régénérés. L’industrie pétrolière et gazière de la région ainsi que les infrastructures ferroviaires et électriques ont également subi des pertes substantielles. » (Chisholm Fire Review Committee 2001)
Plus de renseignements au sujet du feu de Chisholm de 2001 sont disponibles à la page des Références et liens.
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Figure 8 : Chapleau-Mississagi, nord-est de l’Ontario, 1948
L’incendie de Chapleau-Mississagi, qui s’est produit au cours des mois de mai et juin 1948, a été déclenché par manque de prudence de la part de l’être humain. L’incendie a rasé près de 280 000 hectares de terres entre les villes de Thessalon et de Chapleau et a eu des répercussions extraordinaires sur l’industrie forestière de la région. La fumée des feux a fait en sorte que les lumières de plusieurs villes du Texas se sont allumées en plein jour et que les résidents de l’Ontario et des États américains situés près du golfe Saint-Laurent ont souffert de troubles respiratoires en raison des émanations âcres.
Les efforts de lutte contre les incendies ont été gênés par la présence d’épinettes hautement inflammables, de sapins baumiers tués par la tordeuse des bourgeons et de peuplements d’épinette blanche qui s’ajoutait aux forts vents, aux températures à la hausse, à la faible humidité relative et aux quatre semaines sans précipitations.
Plus de renseignements au sujet du feu de Chapleau-Mississagi sont disponibles à la page des Références et liens.
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Figure 9 : Miramichi, près de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, 1825
L’incendie de Miramichi, qui a eu lieu en octobre 1825, est l’incendie ravageur le plus connu de tous les temps du nord-est américain.
L’incendie a rasé plus d’un million d’hectares au Nouveau-Brunswick et dans le Maine en plus des 280 à 300 vies qui ont été perdues. Le feu provenait de plusieurs petits incendies d’origine anthropique et avait été précédé d’un été très sec.
Plus de renseignements au sujet du feu de Miramichi sont disponibles à la page des Références et liens.
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Figure 10 : Des réfugiés qui utilisent des bateaux pour fuir l’incendie, lac Porcupine, 1911
L’incendie de Porcupine, qui a débuté le 11 juillet 1911, a été un des incendies les plus catastrophiques à survenir en Ontario. Il a ravagé environ 200 000 hectares, a entraîné la mort d’au moins 70 personnes et a détruit plusieurs camps miniers et quartiers de la région.
Plus de renseignements au sujet du feu de Porcupine sont disponibles à la page des Références et liens.
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