Pour évaluer les dangers d'incendie, on examine et on intègre systématiquement les facteurs qui déterminent les chances qu'un incendie se déclare et se propage, la difficulté de circonscrire cet incendie et les conséquences possibles. À cette fin, on évalue le risque d'allumage, l'environnement du feu (carburants, météo, topographie) et les valeurs en jeu.
Les panneaux à code de couleur du danger d’incendie qui sont présents dans les régions boisées partout au Canada fournissent au public un indice facile à comprendre du risque d’incendie, de bleu (risque faible) à rouge (risque extrême).
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Figure 1: Panneau du danger d’incendie de forêt utilisé à Whitehorse (Yukon)
La Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF), établie par le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada (Tableau 1), est utilisée partout au Canada pour évaluer le danger d’incendie de forêt. Elle comprend plusieurs sous-méthodes, dont deux sont utilisées par les organismes de lutte contre les feux de forêt depuis un certain nombre d’années : la Méthode canadienne de l’indice forêt-météo (IFM) et la Méthode canadienne de prévision du comportement des incendies de forêt (PCI). Deux autres sous-méthodes sont en voie d’élaboration : la Méthode canadienne de la prévision de la fréquence des incendies de forêt (PFI), qui se rapporte aux risques de feu, et la Méthode annexe d’humidité des combustibles, qui se rapporte aux conditions météorologiques.
| FAIBLE |
De nouveaux feux ne devraient pas se déclarer. La vitesse de propagation des feux qui se déclarent est très lente, et ces feux peuvent s’éteindre d’eux mêmes (les feux déjà en activité peuvent continuer à couver s’ils sévissent dans des couches de combustibles sèches et profondes). |
| MOYEN |
Des feux de surface rampants ou modérés peuvent se déclarer, mais les équipes sur le terrain n’ont aucune difficulté à lutter contre eux. |
| ÉLEVÉ |
Des feux de surface vigoureux peuvent se déclarer, et la lutte contre ceux-ci nécessite un équipement lourd. |
| TRÈS ÉLEVÉ |
Des feux de surface intenses et des feux de cimes peuvent facilement se déclarer et représentent un défi pour les organismes de lutte contre les feux de forêt. Ces organismes doivent s’attaquer aux feux avec des avions citernes et des bombardiers à eau. |
| EXTRÊME
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Les conditions de brûlage sont jugées explosives, et toute tentative de lutte contre les feux à haute intensité et à propagation rapide est impossible avant une amélioration de la situation. |
| NUL
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Aucun calcul n’a été effectué pour cette région en raison de la couche de neige, des températures froides ou de l’absence de combustibles. |
La Méthode de l’indice forêt-météo fournit une estimation du danger d’incendie de forêt fondée sur un enregistrement continu des observations météorologiques relevées chaque jour à midi. La continuité de l’enregistrement est nécessaire pour estimer l’indice du combustible léger (teneur en eau des brindilles, des feuilles et des aiguilles de la litière), l’indice de l’humus (teneur en eau des couches organiques peu tassées d’épaisseur moyenne) et l’indice de sécheresse (teneur en eau des couches organiques épaisses et compactes). Les données sur la température, l’humidité relative, la vitesse du vent et la pluie sont entrées dans le système. Ce sont la vitesse du vent et la température qui influent le plus directement sur le feu; toutefois, la pluie est le facteur le plus important dans la détermination de la teneur en eau des combustibles. Souvent, les conditions météorologiques du moment ne constituent pas un bon indicateur du danger d’incendie. Par exemple, le danger serait beaucoup plus élevé une journée chaude et venteuse, après une semaine de temps sec, qu’il ne le serait une journée semblable suivant une semaine de pluie.
La Méthode de prévision du comportement des incendies de forêt utilise des données sur les types de combustibles et sur le terrain (altitude, pente et exposition), ainsi que les données de sortie de la méthode de l’indice forêt-météo, pour établir des prévisions de la vitesse de propagation, de la consommation de combustible et de l’intensité du feu. Contrairement aux codes et indices de la méthode de l’indice forêt-météo, ces prévisions sont quantitatives (c’est-à-dire qu’il s’agit de quantités mesurables). Par exemple, la vitesse de propagation s’exprime en mètres par minute. La méthode tient compte de 16 types de combustibles, qui se distinguent par les caractéristiques de la végétation et de la couche holorganique. Le comportement du feu dépend en grande partie de la taille et de la disposition des combustibles. Par exemple, les combustibles légers, comme les aiguilles et les brindilles, s’enflamment plus rapidement que les combustibles lourds, comme les troncs d’arbres.