Avec le revenu, le niveau d'instruction est l'un des principaux déterminants non médical de la santé qui soit modifiable.
Ces deux déterminants (niveau et revenu) sont d'ailleurs souvent abordés de concert vu leur étroite association. Cette association n'est toutefois pas biunivoque, ce qui ressort des deux graphiques qui suivent : La figure 1 illustre la proportion des Canadiens en fonction de l'adéquation du revenu (consultez Mesures du revenu : Observation méthodologique) selon la catégorie de niveau d'instruction. Ces catégories incluent les niveaux élémentaire - personnes dont le niveau d'instruction le plus élevé peut inclure une partie des études de niveau secondaire, mais qui n'ont en gros qu'une éducation de niveau élémentaire ou moins -, secondaire - personnes qui ont terminé leurs études secondaires - et universitaire - personnes qui ont obtenu au moins un baccalauréat. L'adéquation du revenu augmente considérablement entre le niveau élémentaire et le niveau universitaire. Toutefois, le diplôme universitaire ne garantit en rien une adéquation du revenu élevée. Pour environ 8 % des diplômés universitaires, l'adéquation serait faible, et pour 18 % elle serait moyenne. Réciproquement, 38 % des Canadiens moins instruits se situent dans la catégorie d'adéquation du revenu moyenne et 37 % dans la catégorie élevée.
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Figure 1 : Adéquation du revenu selon la catégorie de niveau d'instruction
La figure 2 vient étayer l'opinion selon laquelle la relation entre le revenu et le niveau d'instruction n'est en rien biunivoque. Telle qu'illustrée, la proportion des personnes ayant obtenu un diplôme universitaire augmente en fonction de la catégorie d'adéquation du revenu. De nombreux Canadiens sans diplôme universitaire se tirent cependant très bien d'affaire sur le plan de l'adéquation du revenu.
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Figure 2 : Niveau d'instruction selon la catégorie d'adéquation du revenu
Les variations régionales du niveau d'instruction au Canada sont illustrées au moyen de cartes présentant la proportion de Canadiens du groupe d'âge 25 à 29 ans ayant complété leurs études secondaires et la proportion de ceux du groupe d'âge 25 à 54 ans ayant terminé leurs études post-secondaires. En termes de variations régionales, ces taux sont en général reliés dans les zones géographiques; les cartes doivent donc être étudiées ensemble dans la mesure du possible.
En matière d'éducation de ses citoyens, le Canada affiche un bilan enviable. Le babyboom de l'après-guerre a donné lieu à une explosion des inscriptions à l'élémentaire et au secondaire, atteignant des sommets au début des années 70. Ces sommets ont été suivis par une période concomitante (des années 60 aux années 90) de forte augmentation des inscriptions dans les universités (Clark, 2000). La figure 3 donne une idée sommaire des conséquences de ces changements. Ce qui ressort d'emblée, c'est la réduction de moitié de la proportion de Canadiens ayant moins qu'une 9e année de secondaire, qui est passée de 25,4 % en 1976 à 12,4 % en 1996; réciproquement, la proportion de ceux ayant fait des études universitaires est passée de 6,4 % en 1976 à 13,3 % en 1996.
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Figure 3 : Niveau d'instruction le plus élevé, 1976 à 1996
Malheureusement, les gains énormes réalisés sur le plan de l'instruction ne sont pas également répartis dans tout le Canada. Dans certaines provinces et certains territoires (figure 4), la proportion de la population (âgée de 15 ans ou plus) qui n'a pas terminé ses études secondaires demeure très élevée.
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Figure 4 : Comparaison des niveaux d'instruction, 1996 (proportion de la population âgée de 15 ans ou plus)
En moyenne, les gens ayant un niveau d'instruction supérieur sont plus susceptibles :
En quoi un niveau d'instruction supérieur et la santé sont-ils reliés ? En moyenne, un niveau d'instruction élevé :
À partir des données de l'Enquête nationale sur la santé de la population de 1996 à 1997, on peut obtenir deux illustrations graphiques des interrelations entre le niveau d'instruction et la santé. Dans ces analyses, les réponses qu'ont données les individus qui ont participé à l'enquête au chapitre du niveau d'instruction ont été classées comme suit : élémentaire - personnes pouvant avoir complété une partie de leurs études secondaires, mais qui n'ont en général pas atteint la 9e année; secondaire - personnes ayant terminé leurs études secondaires et/ou commencé leurs études post-secondaires - et universitaire - personnes ayant fait une partie de leurs études universitaires ou les ayant menées à terme jusqu'à l'obtention d'un diplôme dans le domaine médical.
On a demandé aux répondants de qualifier leur état de santé sur une échelle allant de mauvais à excellent. La figure 5 montre qu'en général, les Canadiens se considèrent en très bonne, sinon en excellente santé. L'état de santé autodéclaré s'améliore notamment à mesure que l'on monte dans l'échelle, du niveau d'instruction élémentaire au niveau universitaire. À part quelques variations relativement mineures, cette tendance est courante au Canada lorsqu'on examine les statistiques sur le niveau d'instruction et la santé.
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Figure 5 : Proportion de la population ayant qualifié son état de santé de « très bon/excellent », selon la catégorie de niveau d'instruction
Un profil similaire se dégage lorsqu'on examine la plupart des maladies. Lors de l'Enquête nationale sur la santé de la population de 1996 à 1997, on a demandé aux répondants d'indiquer, entre autres choses, s'ils souffraient d'un problème de santé chronique (par exemple, bronchite chronique ou emphysème, cardiopathie, arthrite, diabète). Comme on pouvait s'y attendre, les plus fortes proportions de Canadiens atteints d'affections chroniques se retrouvent dans la catégorie de niveau d'instruction inférieure (consultez figure 6, Proportion de la population atteinte d'une affection chronique, selon la catégorie de niveau d'instruction). Mais ce profil n'est pas universel partout au pays. En effet, dans certaines provinces, en Saskatchewan, par exemple, on observe la tendance inverse; d'autres déterminants de la santé y atténuent sans doute l'apport positif associé à un niveau d'instruction élevé.
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Figure 6 : Proportion de la population atteinte d'un problème de santé chronique, selon le niveau d'instruction