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Revenu


« Nouvelle brève : Il est malsain d'être pauvre » C'est sur ce constat que s'ouvrait une des chroniques d'un numéro de la revue de l'Association médicale canadienne publié en 1998. L'auteur faisait état de la publication du rapport annuel du Conseil régional de la santé et des services sociaux, dans lequel on soulignait que les pauvres de Montréal peuvent s'attendre à vivre 5 années de moins que les Montréalais mieux nantis (Wharry 1998).


Il y a bien des façons d'illustrer la répartition géographique du revenu au Canada (consultez Mesures du revenu : Observation méthodologique). Nous présentons le revenu médian ailleurs dans l'Atlas. Ici, ce sont les valeurs moyennes, tirées du recensement démographique de 1996, que nous présentons, pour les hommes et les femmes Nous avons également cartographié la proportion de ménages privés canadiens (tel que déclarée dans le recensement de 1996) qui vit sous le seuil de faible revenu (SFR).

Rapports entre santé et revenu

Le Canada n'a pas de mesure officielle de la pauvreté (Fellegi, 1997). De nombreux organismes gouvernementaux et non gouvernementaux n'en utilisent pas moins diverses mesures du revenu individuel ou familial comme mesure substitutive. Il est en effet largement admis que le revenu est l'un des meilleurs déterminants non médicaux de la santé. On connaît moins bien les mécanismes précis régissant les rapports entre revenu et santé, mais les aspects communs de ces rapports ont été définis.

  • le revenu est à lui seul le déterminant de la santé modifiable le plus important
  • le lien entre pauvreté et mauvaise santé est évident : à quelques exceptions près, c'est chez les moins bien nantis que l'on observe les taux de maladie et de décès prématurés les plus élevés
  • l'inégalité accrue des revenus dans la société pourrait être associée à une augmentation de la mortalité globale
  • l'état de santé s'améliore à mesure que l'on progresse dans l'échelle des revenus
  • l'état de santé s'améliore à la fois en fonction du revenu moyen absolu et de la distribution plus égale des revenus
  • les revenus élevés préservent en quelque sorte de la maladie

On peut tirer des illustrations de quelques-uns de ces rapports établis au moyen de l'Enquête nationale sur la santé de la population de 1996 à 1997. Pour ces analyses, nous avons réduit à trois les cinq catégories d'adéquation du revenu : Faible revenu = revenu le plus faible et faible revenu moyen; revenu moyen = revenu moyen; revenu élevé = revenu moyen supérieur et revenu le plus élevé. On a demandé aux répondants de qualifier leur état de santé sur une échelle allant de mauvais à excellent. La figure 1 (État de santé autodéclaré et catégorie d'adéquation du revenu) indique que les Canadiens se considèrent en général en très bonne, sinon en excellente santé. Cet état de santé autodéclaré s'améliore notamment à mesure que l'on progresse dans l'échelle de l'adéquation du revenu. Cette tendance est commune à l'ensemble du Canada et aux provinces (figure 2 : Proportion de la population qualifiant son état de santé de très bon/excellent, selon la catégorie d'adéquation du revenu).

Diagramme à barres montrant l'état de santé autodéclaré et les catégories d'adéquation du revenu[D]
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Figure 1 : État de santé autodéclaré et catégories d'adéquation du revenu

Diagramme à barres montrant la proportion de la population qualifiant son état de santé de très bon/excellent, selon la catégorie d'adéquation du revenu[D]
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Figure 2 : Proportion de la population qualifiant son état de santé de très bon/excellent, selon la catégorie d'adéquation du revenu

Un profil similaire se dégage lorsqu'on examine la plupart des maladies. Lors de l'Enquête sur la santé de la population de 1996 à 1997, on a demandé aux répondants d'indiquer, entre autres choses, s'ils souffraient d'un problème de santé chronique (par exemple, bronchite chronique ou emphysème, cardiopathie, arthrite, diabète). Comme on pouvait s'y attendre, les plus fortes proportions de Canadiens atteints d'affections chroniques se retrouvent dans la catégorie de faible adéquation du revenu (figure 3 : Proportion de la population souffrant d'une affection chronique, selon la catégorie d'adéquation du revenu).

Diagramme à barres montrant la proportion de la population souffrant d'une affection chronique, selon la catégorie d'adéquation du revenu[D]
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Figure 3 : Proportion de la population souffrant d'une affection chronique, selon la catégorie d'adéquation du revenu