Les bébés dont le poids ne dépasse pas 2500 grammes à la naissance sont décrits comme présentant une insuffisance de poids à la naissance (IPN). Partout dans le monde, la proportion de bébés présentant une IPN est reconnue comme un important indicateur de la santé et du bien-être de la population, vu le rapport étroit qui existe entre l'IPN et la mortalité périnatale et la mortalité infantile. L'insuffisance de poids à la naissance est associée à la prématurité ou à l'hypotrophie fœtale.
Pour donner quelques informations générales sur l'insuffisance de poids à la naissance, on aborde les questions suivantes :
Plusieurs provinces ou territoires se sont fixés des cibles explicites ou implicites en matière de taux d'IPN. En Ontario, par exemple, le ministre de la Santé et des Soins de longue durée (1997) a décidé d'abaisser ce taux à 4 % d'ici 2010. Cette même cible de 4 % a également été adoptée dans d'autres régions du Canada et ailleurs dans le monde. À la lumière des tendances temporelles observées ces vingt dernières années, cet objectif pourrait s'avérer difficile à atteindre. La figure 1 montre en effet qu'en 1996, seul le Yukon s'en approchait. Il est par contre atteint ou même dépassé dans de nombreuses régions infraprovinciales.
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Figure 1 : Taux d'insuffisance de poids à la naissance, par province/territoire, 1996
On a dressé la cartographie interprétative des proportions d'insuffisance de poids à la naissance en fonction de divers groupes d'âge de la mère. Ces cartes ont été préparées à l'aide des données de 1996 seulement. Les données d'une année pourraient afficher une variabilité significative dans l'illustration des profils infraprovinciaux. Nous avons donc indiqué, pour les divisions de recensement comptant moins de 25 naissances dans chaque catégorie d'âge de la mère, que les données étaient insuffisantes aux fins de la déclaration.
L'insuffisance de poids à la naissance entraîne des coûts supplémentaires associés aux soins des nourrissons qui présentent cette caractéristique. Le poids à la naissance est aussi considéré comme un des principaux déterminants des chances de survie et de bonne santé ultérieure (Comité consultatif fédéral-provincial-territorial de la santé de la population, 1999). On estime que 75 % de tous les cas de décès et de maladie chez les nouveau-nés surviennent chez des bébés de faible poids à la naissance; ceux qui survivent sont par ailleurs plus susceptibles de présenter des troubles d'apprentissage, des déficiences visuelles, des maladies respiratoires et une paralysie cérébrale (Best Start, 1998).
On trouvera dans la liste ci-dessous les principaux facteurs modifiables, reconnus pour accroître le risque d'IPN (Best Start, 1998).
Tous les spécialistes s'occupant de nourrissons de faible poids à la naissance ne seraient pas nécessairement d'accord sur l'ensemble de ces facteurs. Certains estiment que l'on n'a pas encore entièrement documenté leurs rapports directs avec l'issue des grossesses. Il importe certes de reconnaître qu'aucun de ces facteurs de risque ne peut être considéré isolément comme la cause unique de l'insuffisance de poids à la naissance.
L'adolescence et le tabagisme n'en restent pas moins reconnus comme des facteurs de risque primaires. « De 1991 à 1996, chez les mères adolescentes, le taux de bébés présentant un faible poids à la naissance est passé de 6 % à plus de 7 %. Cette augmentation est survenue parallèlement à la hausse, de 23 % à 29 %, du taux d'usage du tabac chez les adolescentes. Cette augmentation de la prévalence de l'usage du tabac pourrait rendre compte de la moitié aux deux tiers de la hausse du taux de bébés présentant un faible poids à la naissance. » (Statistique Canada, Le quotidien, 31 mars 2000).
Le Canada affiche un dossier enviable au chapitre des indicateurs de la santé comme la mortalité infantile. En 1997, le taux de mortalité infantile y avait en effet chuté à 5,5 pour 1000 naissances (Statistique Canada, 1999). Malheureusement, cette baisse a ralenti dans les années 90, probablement en partie à cause de l'augmentation récente de la fréquence de l'IPN (Nault, 1997).
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Figure 2 : Mortalité infantile et insuffisance de poids à la naissance, 1986 à 1996
L'augmentation récente des taux d'IPN pourrait en partie s'expliquer par l'augmentation de la proportion des naissances multiples, de même que par la fréquence accrue des cas de bébés de très petite taille et prématurés qui finissent par mourir, mais que l'on déclare comme des naissances vivantes plutôt que comme des mortinaissances. D'autres facteurs y ont aussi contribué, comme le taux de natalité relativement élevé chez les mères les plus jeunes et les plus âgées. Si le taux de natalité a légèrement diminué ces dernières années chez les adolescentes, il représente toujours une proportion passablement importante des naissances totales. Quant au taux de natalité chez les femmes de plus de 30 ans, il continue d'augmenter de façon constante.
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Figure 3 : Taux de natalité, 1986 à 1996
Les taux d'IPN sont actuellement plus élevés chez les bébés nés de mères jeunes (moins de 20 ans) et âgées (notamment chez les 35 ans ou plus). L'âge moyen auquel les Canadiennes accouchent pour la première fois est passé de 27,0 ans en 1986 à 28,4 ans en 1996 (Statistique Canada).