Ressources naturelles Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens institutionnels



Nouvelle-France vers 1740

Visualisez cette carte


Résumé

Est illustrée ici l'étendue de la Nouvelle-France au moment de son extension territoriale maximale vers 1740, avant ses pertes territoriales considérables aux mains de l'Amérique du Nord britannique. Sont également indiquées les revendications territoriales, les divisions administratives et la répartition des peuplements et de la colonisation (notamment quatre postes de traite de la fourrure) vers 1740. Cette carte, ainsi que L'Amérique du Nord britannique vers 1823, décrit l'état de la colonisation et du peuplement au Canada pendant deux périodes importantes de l'histoire canadienne avant la Confédération.


La carte de la Nouvelle-France vers 1740 montre l'étendue géographique de la Nouvelle-France à son apogée, avant qu'elle subisse de lourdes pertes territoriales au profit de l'Amérique du Nord britannique. Le site examine les frontières géo-politiques de la Nouvelle-France par rapport à l'Amérique du Nord britannique, sous les aspects suivants : Revendications territoriales, les Divisions internes, la Colonisation par les Européens et la Population européenne.

Dessin de Jacques Cartier prenant possession du Canada pour la France, à Gaspé, en 1534[D]
Cliquez ici pour en savoir plus, 9 KB
Jacques Cartier prenant possession du Canada pour la France, à Gaspé, en 1534, reproduit dans un journal de Montréal en 1908.

Revendications territoriales

Les revendications territoriales des Français et des Anglais, en Amérique du Nord vers 1740, différaient selon les interprétations du Traité d'Utrecht (1713), les découvertes antérieures, les alliances conclues avec les autochtones et les concessions accordées de temps à autre par leurs souverains respectifs. Les frontières intérieures n'ont pas été définies par le Traité, mais une commission devait s'occuper des négociations à cet égard en 1714.

Carte historique – 1744 : Carte de l’Amérique du Nord britannique (Arthur Dobbs et Joseph La France)[D]
Cliquez ici pour agrandir, 599 KB
Carte historique – 1744 : Carte de l’Amérique du Nord britannique (Arthur Dobbs and Joseph La France)

Cette commission s'est réunie en 1714, mais aucune entente n'a pu être ratifiée. Le Traité avait accordé à la Grande-Bretagne « […] la baie & le détroit de Hudson, avec toutes les terres, mers, rivages, fleuves & lieux qui en dépendent & qui y sont situés […] ». Il s'agissait de savoir jusqu'où ces limites devaient aller à L'intérieur du pays. En 1714, sur les instances de la Compagnie de la Baie d'Hudson, l'Angleterre a proposé de tracer une frontière qui se serait étirée indéfiniment vers l'Ouest depuis l'île Grimmington (57° 51´ de latitude Nord), sur la côte du Labrador, en passant par le centre du lac Mistassini jusqu'au 40e parallèle. La France a rejeté cette proposition.

Sur les cartes de l'époque, la France a concédé à la Grande-Bretagne à peu près toutes les basses terres de la baie d'Hudson et a reconnu comme étant territoires britanniques toutes les terres qui s'étendaient dans la partie du bassin de la rivière Kennebec se déversant dans l'Atlantique.

Le Traité assujettissait Terre-Neuve et ses îles côtières à la Grande-Bretagne. La France conservait des droits de pêche et d'abordage (mais non le droit d'établir des colonies) le long de la côte Nord, entre Pointe-riche et le Cap de Bonavista. Toutes les îles situées dans le golfe Saint-Laurent sont demeurées possessions françaises.

Sur le continent, le Traité cédait à l'Angleterre « […] la nouvelle Écosse, autrement dite Acadie, en son entier, conformément à ses anciennes limites […] » et les eaux territoriales « […] à trente lieues près des côtes de la nouvelle Écosse, au sud-est, en commençant depuis l'isle appelée vulgairement de Sable inclusivement, & en tirant au sud-ouest ».

Divisions internes

Les parties colonisées de la Nouvelle-France ont été divisées en cinq gouvernements ou districts administratifs (Québec, Trois-Rivières, Montréal, Île Saint-Jean (l'Île-du-Prince-Édouard d'aujourd'hui), Île-Royale (aujourd'hui, l'Île du Cap-Breton)). Chacun était dirigé par un gouverneur, un intendant (administrateur civil) et d'autres fonctionnaires du gouvernement, de l'appareil judiciaire et de l'Église. Le gouverneur du district de Québec était aussi gouverneur général du Canada et, à ce titre, il représentait le roi en Nouvelle-France. Officiellement, tous les gouvernements relevaient du gouverneur général et de l'intendant à Québec.

Parmi les régions colonisées, celle appelée Acadie-Nouvelle-Écosse se trouvait dans une situation singulière : elle était quasi exclusivement occupée par des colons d'origine française, mais en raison du libellé vague du Traité d'Utrecht, tant le gouverneur britannique installé à Annapolis royal que le gouverneur de l'Île-Royale essayaient d'exercer leur influence sur la population et de la contrôler, mais ni l'un ni l'autre n'eut beaucoup de succès à cet égard.

Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada (Gilles Robert de Vaugondy)[D]
Cliquez ici pour agrandir, 2,315 KB
Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada (Gilles Robert de Vaugondy)

La colonisation par les Européens

Vallée du Saint-Laurent

Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada[D]
Cliquez ici pour agrandir, 1,804 KB
Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada

En 1740, la population de la vallée du Saint-Laurent atteignait environ 44 000 habitants, dont à peu près 18 000 vivaient dans le gouvernement (district) de Québec, 4000 dans celui de Trois-Rivières et 22 000 dans celui de Montréal. Les principales villes de la région étaient Québec (4600 hab.), Trois-Rivières (378 hab.) et Montréal (4200). Le district de l'Île-Royale avait une population permanente d'environ 4000 personnes, dont 1500 vivaient à Louisbourg; pour sa part, l'Île Saint-Jean, où la colonisation venait de commencer, comptait à peu près 500 habitants. Aux deux endroits, des pêcheurs gonflaient les rangs de la population locale d'environ 25 % au cours des mois d'été.

La population acadienne s'établissait à environ 8000 habitants, qui vivaient dans plusieurs colonies agricoles. Il n'y avait en Acadie aucune grande ville, la plus importante étant le fort britannique d'Annapolis royale, dont la garnison comptait un peu plus de 100 hommes et quelques marchands et administrateurs.

L'intérieur, à l'Ouest de Montréal

Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada[D]
Cliquez ici pour agrandir, 1,804 KB
Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada

Les terres intérieures s'étendant à l'Ouest de Montréal (les pays d'en haut) étaient considérées comme étant des territoires autochtones. Le gouverneur général et l'intendant, installés à Québec, accordaient le droit de commercer dans des postes bien précis, pour des périodes définies; ce droit prenait la forme d'un monopole ou d'une licence (congé). Chaque district avait à sa tête un commandant qui relevait directement du gouverneur général. Les forts stratégiques du lac Ontario étaient placés sous la gouverne immédiate d'agents de la couronne. En été, environ 350 commerçants et voyageurs, venus surtout de la région de Montréal, s'ajoutaient à la population des pays d'en haut, qui comprenait des soldats (à peu près 250), des négociants (environ 150) et des colons, surtout à Détroit (environ 120).

Domaine du Roi

Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada[D]
Cliquez ici pour agrandir, 1,804 KB
Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada

Le Domaine du Roi s'étendait des Éboulements à la baie de Moise, en longeant la côte Nord du Saint-Laurent. La couronne en louait les concessions de commerce et de pêche, pour des périodes fixes et à un taux défini. La population européenne permanente de la région pouvait atteindre 150 habitants et doublait pendant la saison de la pêche et de la chasse au phoque.

Dans la partie orientale du Domaine du Roi, la zone accidentée de la Côte du Nord était subdivisée en diverses concessions de commerce, de pêche et de chasse au phoque qu'on louait de la couronne. La population était surtout concentrée dans les extrémités Sud du détroit de Belle Isle, et il est probable que le nombre des habitants qui vivaient là en permanence n'atteignait pas 300 et qu'il passait peut-être à 1500 pendant la saison de la pêche.

Des concessions de pêche étaient aussi louées le long de la côte gaspésienne, sauf entre Cap-d'Espoir et Cap-des-Rosiers, où elles étaient gratuites. La population de la Gaspésie se chiffrait probablement à 500 âmes et doublait pendant la saison de la pêche.

Terre de Rupert

Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada[D]
Cliquez ici pour agrandir, 1,804 KB
Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada

La Terre de Rupert était régie par le gouverneur et le Comité de la Compagnie de la Baie d'Hudson, installés à Londres. La région était divisée en cinq districts. Chacun comprenait un poste dont les affaires étaient dirigées par un agent principal ou chief factor. Les agents principaux se réunissaient régulièrement en conseil, sous la présidence d'un gouverneur local, pour discuter des ordres reçus de Londres et pour les mettre en application. La population permanente des cinq postes n'atteignait sans doute pas 100 âmes; elle se composait de négociants, d'ouvriers qualifiés, qui tenaient les postes en bon ordre et voyaient aux réparations, et de manœuvres.

Terre-Neuve

Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada[D]
Cliquez ici pour agrandir, 1,804 KB
Carte historique – 1755 : Partie de l’Amérique septentrionale qui comprend La Nouvelle-France ou le Canada

La Terre de Rupert et Terre-Neuve étaient toutes deux considérées comme des régions qui étaient propices à l'exploitation des ressources et dont il ne fallait pas encourager la colonisation. Malgré tout, dans les années 1740, Terre-Neuve comptait une population permanente d'environ 4000 âmes, et ce nombre passait à 6000 pendant la saison de la pêche. Avec une population d'environ 800 personnes, St. John's était le plus grand des nombreux petits ports qui jalonnaient la côte Est. L'administration était assurée par un gouverneur qui relevait de la Chambre de commerce britannique. Comme le gouverneur commandait aussi la Marine royale, qui protégeait la flotte de pêche, il n'était présent à Terre-Neuve que pendant les mois d'été.

La population Européenne

Les colonies britanniques établies le long de la côte de l'Atlantique, au Nord de la Virginie, comptaient environ 623 000 habitants, tandis que la région aujourd'hui occupée par le Canada recensait une population européenne d'à peu près 62 000 personnes, dont 58 000 vivaient en Nouvelle-France et en Acadie.

Carte historique – 1755 : Partie occidentale de la Nouvelle France ou du Canada (Jacques-Nicolas Bellin)[D]
Cliquez ici pour agrandir, 1,717 KB
Carte historique – 1755 : Partie occidentale de la Nouvelle France ou du Canada (Jacques-Nicolas Bellin)

La Grande-Bretagne et la France avaient toutes deux établi, dans leurs territoires respectifs, des centres très peuplés gérés par des administrations efficaces. En outre, il y avait de vastes régions périphériques faisant l'objet d'une exploitation commerciale surtout par des personnes qui n'y habitaient pas, au profit de la mère patrie.

Diagramme à barres montrant la population de la Nouvelle-France vers 1740 (par région)[D]
Cliquez ici pour agrandir, 25 KB
Figure 1 : Population de la Nouvelle-France vers 1740 (par région)

Diagramme à barres montrant la population de l'Amérique du Nord britannique vers 1740 (par région)[D]
Cliquez ici pour agrandir, 29 KB
Figure 2 : Population de l'Amérique du Nord britannique vers 1740 (par région)

Diagramme à barres montrant la population estimative de l'Amérique du Nord britannique et de la Nouvelle-France vers 1740[D]
Cliquez ici pour agrandir, 12 KB
Figure 3 : Population estimative de l'Amérique du Nord britannique et de la Nouvelle-France vers 1740