En 1912, le Manitoba, l'Ontario et le Québec sont agrandis vers le nord. L'histoire longue et diversifiée de la colonisation au Canada se traduit par deux configurations distinctes des limites, qui différencient le Canada oriental du Canada occidental. Les limites orientales suivent les éléments du relief tels que les bassins hydrographiques, alors que les limites du Canada occidental et septentrional reflètent l'organisation administrative de ces terres, d'abord par la Compagnie de la Baie d'Hudson et, ensuite, par le Gouvernement du Canada.
L'Ontario, le Québec et le Manitoba veulent à nouveau s'agrandir vers le nord après la création des provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan en 1905. En 1912, le gouvernement canadien vote des lois donnant des territoires nordiques à ces trois provinces. Les frontières deviennent alors ce qu'elles sont aujourd'hui. Ces changements enlèvent beaucoup de territoire au district du Keewatin. Le district de l'Ungava fait désormais partie du Québec.
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Photo d'hommes avec un ours polaire sur un traîneau
La chicane de frontière entre le Canada et l'Alaska est également réglée après 1905. La partie sud de l'Alaska, entre le continent et l'océan Pacifique, avait malheureusement été mal décrite dans une convention de 1825 entre la Grande-Bretagne et la Russie. Les États-Unis ont hérité des frontières de 1825 lorsqu'ils ont acheté l'Alaska en 1867.
C'est parce qu'elle n'est pas bien connue qu'une partie du territoire est mal décrite en 1825. Mais elle est explorée par la suite et ses ressources sont découvertes. Ces faits nouveaux poussent les uns et les autres à interpréter la description originale de façon différente. Quand on découvre de l'or dans le district de Cassiar de la Colombie-Britannique, on s'aperçoit également qu'on peut seulement s'y rendre par la rivière Stikine, en territoire américain. En 1872 et 1874, le gouvernement de la Colombie-Britannique demande une démarcation officielle de la frontière.
La découverte d'or au Klondike provoque encore des querelles. Les deux pays veulent en effet mettre la main sur les passes et les ports qui mènent au Yukon. On forme une commission en 1889 pour étudier la question. Elle déclare de façon provisoire que les passes Chilkoot et White sont des points sur la frontière, comme le point où la rivière Chilkoot rencontre le sentier Dalton. En 1904, la Grande-Bretagne et les États-Unis signent une convention qui établit une commission d'enquête pour régler la question.
La convention établissant la frontière d'aujourd'hui est finalement signée en 1906. L'accès du Canada au Pacifique est coupé. La frontière est officiellement démarquée entre 1904 et 1913.
La province de l'Ontario affirme avoir le droit de s'agrandir au nord. Elle est également en faveur de l'agrandissement du Manitoba vers le nord. Elle propose que la frontière du Manitoba s'allonge jusqu'à la rivière Churchill et suive ensuite le centre du chenal de la rivière jusqu'à son embouchure. Le Manitoba s'allongerait aussi jusqu'au 60e parallèle. Le territoire du Keewatin situé à l'est de la frontière du Manitoba ferait alors partie de la province de l'Ontario. L'Ontario ne donne pas de raisons géographiques pour justifier sa proposition.
Le gouvernement canadien n'accepte pas la frontière est du Manitoba proposée par l'Ontario. Il veut éviter les problèmes administratifs qui découleraient de la division de la ville de Churchill entre les deux provinces. La frontière entre le Manitoba et l'Ontario devient donc une ligne droite allant de la frontière existante du Manitoba jusqu'à l'extrémité est du lac Island. Une ligne droite continue ensuite jusqu'à l'intersection du 89e méridien de longitude et de la côte de la Baie d'Hudson. Le territoire du Keewatin à l'est de cette ligne est incorporé à la province de l'Ontario.
Le Québec demande officiellement d'être agrandi vers le nord le 9 novembre 1907. La province veut obtenir le district de l'Ungava. Cela veut dire tout le territoire situé entre la frontière du Québec, le détroit d'Hudson, la Baie d'Hudson à l'ouest et l'océan Atlantique à l'est (ou les limites du territoire appartenant à Terre-Neuve). Elle veut également les îles de la Baie d'Hudson qui sont situées près de la côte.
La province dit que cette région lui appartient géographiquement parce qu'elle est complètement séparée de toutes les autres provinces. Elle estime que le gouvernement du Québec est le mieux placé pour gérer et développer les ressources naturelles de l'Ungava. Elle veut également être compensée pour les avantages dont pourraient profiter l'Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan si leur territoire était agrandi jusqu'à la Baie d'Hudson. (La Saskatchewan voulait se prolonger jusqu'à la Baie d'Hudson, mais cela lui a été refusé.)
La province du Québec reçoit presque tout le territoire qu'elle veut. Elle s'étend maintenant plus loin au nord et comprend le district de l'Ungava. Aucune île côtière n'est cependant comprise dans l'agrandissement. Ces îles sont en effet trop difficiles à décrire et le gouvernement fédéral veut en conserver le contrôle pour des raisons de navigation et de défense.
La province du Manitoba veut obtenir un agrandissement proportionnel aux nouvelles provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan. Elle veut une grande partie du territoire du Keewatin. Elle affirme entre autres que ce territoire et la Baie d'Hudson ont depuis plusieurs siècles été les seules voies de communication entre la colonie de la rivière Rouge et le monde extérieur. Elle estime que ce territoire serait mieux administré par le Manitoba, parce que le gouvernement de l'Ontario est trop éloigné.
La province veut aussi avoir les parties des districts de l'Assiniboine, de la Saskatchewan et de l'Athabasca qui ne sont pas en Saskatchewan. Elle tient à préserver la symétrie géographique. Elle demande d'ailleurs l'incorporation de ces territoires depuis 25 ans. Le Manitoba a beau jeu. Le gouvernement des Territoires du Nord-ouest a en effet déclaré au moment de la création de la province de la Saskatchewan que ces territoires pouvaient être donnés à la province du Manitoba.
Le gouvernement du Canada définit la frontière entre le Manitoba et l'Ontario en 1912. Il s'agit d'une ligne droite allant de la frontière existante du Manitoba jusqu'à l'extrémité est du lac Island. Une ligne droite se dirige ensuite jusqu'à l'intersection du 89e méridien de longitude et de la côte de la Baie d'Hudson. Cela ne correspond pas à ce que le Manitoba voulait. Il aurait plutôt placé la frontière dans les environs de Fort William, de Port Arthur et du lac Nipigon.
La frontière ouest du Manitoba est prolongée jusqu'au 60e parallèle de latitude. La province obtient ainsi les parties des territoires de l'Assiniboine, de la Saskatchewan et de l'Athabasca qui ne sont pas dans la province de la Saskatchewan.
L'animation intitulée L'évolution territoriale, 1867 à 1999 retrace l’évolution des frontières politiques au Canada, depuis la Confédération jusqu’à la création du Nunavut.