On compte actuellement 50 langues autochtones au Canada, réparties en 11 grandes familles de langues – 10 des Premières nations et l'Inuktitut. Les langues autochtones du Canada sont nombreuses et diverses, et leur importance est immense pour les Autochtones. Cette carte montre la répartition des grandes familles de langue dans les collectivités du Canada en 1996. C'est l'une d'une série de trois cartes qui illustrent la répartition géographique des langues autochtones.
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Young Women (Jeunes femmes), 1991, de Patricia M. Ningewance
Certains groupes linguistiques sont de taille suffisante pour assurer la viabilité de la langue, alors que d’autres sont petits et vulnérables. Les trois familles les plus importantes, qui regroupent 93 % des personnes qui ont une langue autochtone comme langue maternelle, sont l’algonquin (147 000), l’inuktitut (28 000) et les langues athapaskanes (20 000). Les huit autres langues représentent les autres 7 %. L’un des plus petits groupes linguistiques, le tlingit, ne compte que 145 membres au Canada. On trouve aussi le même genre de variations assez importante dans le cas de langues individuelles : 88 000 personnes désignent le cri comme leur langue maternelle, mais seulement 660 parlent le malécite.
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Incan Sunset (Coucher de soleil inca), 1999, de Patricia M. Ningewance
La géographie contibue énormément à la diversité, à la taille et à la répartition des groupes linguistiques autochtones au Canada. Par exemple, les plaines rases et les terrains boisés valonnés se prêtent bien à l’occupation par des groupes importants. À cause du terrain, les groupes habitant de tels endroits peuvent se déplacer et communiquer avec d’autres groupes relativement facilement et ont souvent tendance à s’étendre pour couvrir des territoires encore plus vastes.
D’autre part, les terrains montagneux et les ravins profonds favorisent la formation de petites agglomérations isolées. Le terrain montagneux de la Colombie-Britannique et ses nombreux obstacles naturels ont sans doute contribué considérablement à l’évolution des nombreux groupes linguistiques distincts, et pour la plupart petits, qu’on y trouve aujourd’hui. À cause des obstacles géographiques, les groupes linguistiques comme les Salish, les Tsimshian, les Wakash, les Haïda, les Tlingit et les Kutenai n’ont pas pu produire une base de population aussi importante que les Algonquins (surtout les Cris et les Ojibway) et les groupes des langues athapaskanes, qu’on retrouve dans les Plaines centrales et les forêts de l’Est du Canada.
La géographie peut aussi être un facteur important pour la survie d’une langue. Les groupes habitant les régions relativement isolées, qui sont éloignés de la culture dominante, subissent moins de pressions les incitant à abandonner leur propre langue. Ils ont tendance à utiliser leur propre langue dans les écoles, pour les émissions de radio ou de télévision et les autres services de communication et ont donc plus de chances de rester autonomes. À titre d’exemple, mentionnons les collectivités du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest, des régions du nord du Québec et du Labrador, comme les Inuits, les Atikameks et les Montagnais-Naskapis.
À cause de leurs populations importantes et extrêment diversifiées, les langues algonquiennes représentent la proportion la plus élevée des langues autochtones dans toutes les provinces sauf en Colombie-Britannique et dans les territoires; le pourcentage va de 72 % à Terre-Neuve jusqu’à près de 100 % dans les autres provinces de l’Atlantique. En Colombie-Britannique et au Yukon, les langues athapaskanes représentent la plus grande partie des groupes linguistiques (26 % et 80 % respectivement), alors que l’inuktitut est la langue autochtone dominante dans les Territoires du Nord-Ouest et pratiquement la seule au Nunavut. La Colombie-Britannique, qui regroupe environ la moitié de toutes les familles linguistiques autochtones, est aussi la plus diversifiée sur le plan de la composition linguistique. Par ailleurs, comme ces groupes linguistiques sont très restreints, la province ne compte que 7 % des personnes qui ont une langue autochtone maternelle au Canada.
Pour interpréter cette carte correctement, consulter le texte de Notes sur les données et les cartes.