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Indice de continuité des langues autochtones, 1996

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Résumé

L'indice de continuité établit le niveau de continuité ou de vitalité des langues en faisant la comparaison entre le nombre de personnes qui parlent une certaine langue à la maison et le nombre de celles dont c'est la langue maternelle. L'indice a été compilé et présenté sous forme de carte pour chacune des collectivités figurant sur la carte Langues autochtones par collectivité, 1996. Plus la cote est basse, plus la présence continue de la langue a décliné ou s'est dégradée. Cette carte est l'une d'une série de trois cartes sur les langues autochtones.


Tableau intitulé Ziisabaquot, de Louis Ogemah[D]
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Ziisabaquot, de Louis Ogemah, 1995.

L’INDICE DE CONTINUITÉ est une façon de mesurer la continuité ou la vitalité d’une langue, et ce en comparant le nombre des personnes qui parlent une langue autochtone à la maison au nombre des personnes qui ont appris cette langue comme langue maternelle (consulter le texte de Notes sur les données et les cartes pour plus de renseignements).

On a constaté une baisse de l’indice de continuité entre 1981 et 1996 pour toutes les langues autochtones. Le nombre des personnes disant avoir une langue autochtone comme première langue avait augmenté de près de 24 % entre 1981 et 1996, mais le nombre de ceux qui parlaient une langue autochtone à la maison n’avait augmenté que de 6 % pendant la même période. Cela veut dire que, pour chaque 100 personnes ayant une langue maternelle autochtone, le nombre de celles qui utilisaient une langue autochtone le plus souvent à la maison était tombé de 76 à 65 entre 1981 et 1996.

L’indice de continuité a un rapport avec les taux de viabilité où de danger de disparition des langues. La vitalité linguistique de la plupart des langues a connu un déclin constant pendant cette période, mais ce sont les langues en péril qui ont souffert le plus. Par exemple, l’indice de continuité des langues salish est tombé de 35 en 1981 à 12 seulement en 1996. Le tlingit et le kutenai avaient presque disparu comme langues parlées le plus souvent à la maison dans les années 90. Vu qu’il n’y avait plus que 120 personnes en 1996 ayant le kutenai comme langue maternelle, on comprendra facilement pourquoi la survie de cette langue suscite de vives inquiétudes. Par ailleurs, même si l’indice de continuité a aussi baissé pour le cri, qui est une langue relativement solide, la baisse a été sensiblement moins marquée puisque l’indice est seulement tombé de 78 à 65. De son côté, l’inuktitut a connu une légère érosion au début des années 80, mais depuis dix ans, l’indice s’est stabilisé à 84.

Les groupes qui habitent des localités isolées ou des collectivités ou l’on retrouve des populations concentrées de personnes parlant une langue autochtone semblent avoir plus de chance de conserver leur langue. Deux de ces groupes, les Indiens inscrits habitant dans les réserves et les Inuits, ont les indices de continuité linguistique les plus élevés au Canada, soit 80 et 85 respectivement. D’autre part, les Indiens non inscrits et les Métis, qui ont tendance à habiter ailleurs que dans les réserves, de même que les Indiens inscrits n’habitant pas une réserve ont des taux de langue maternelle parlée à la maison de 58, 50 et 40 respectivement. De toute évidence, le milieu hors-réserve représente une menace grave pour les langues autochtones.

En 1996, à cause de ces taux d’érosion linguistique, les niveaux de continuité étaient très différents pour les langues viables et les langues en péril. Pour chaque 100 personnes ayant une langue maternelle autochtone, environ 70 en moyenne utilisaient une langue autochtone à la maison parmi les groupes viables, alors que le chiffre tombait à 30 ou moins parmi les groupes en péril.

Pour interpréter cette carte correctement, consulter le texte de Notes sur les données et les cartes.