Voici une simulation des changements projetés pour les précipitations de juin à août, de 1975 à 1995 jusqu’à la période de 2080 à 2100. On observe en moyenne un accroissement des précipitations, avec des variantes sur le plan géographique. Certaines régions indiquées connaissent à la fois une baisse et une hausse des précipitations, tant au dessus des continents que des océans. Les précipitations annuelles moyennes augmentent généralement sur les continents de l’hémisphère Nord, et surtout en hiver. Un réchauffement des températures de surface aurait pour effet d’accélérer le cycle hydrologique, du moins en partie, ce qui entraînerait une évaporation plus rapide et une augmentation des précipitations. Les résultats présentés ici sont issus des simulations de changements climatiques réalisées au moyen du modèle couplé du climat du globe, mis au point par Environnement Canada.
Cette carte présente la répartition mondiale des changements projetés des précipitations pour les mois de juin à août (l'été dans l'hémisphère Nord, l'hiver dans l'hémisphère Sud) entre la période de référence 1975 à 1995 et la fin (2080 à 2100) du siècle actuel. Ces changements résultent des réponses simulées par le modèle de climat du globe du Centre canadien de modélisation et d'analyse du climat (CCmaC) étant donnée l'augmentation projetée des concentrations de gaz à effet de serre et des charges d'aérosols sulfatés associées à l'activité humaine. Les changements des précipitations sont donnés en pourcentage, plutôt qu'en valeur absolue, puisque le même changement sera plus important dans une région de faible pluviométrie que dans une région de pluviométrie élevée.
En moyenne, on note une augmentation des précipitations à mesure que l'on avance dans le siècle et que le climat se réchauffe. Cependant, le changement projeté n'est pas distribué de façon uniforme sur la planète ni sur le cycle des saisons. Alors que le réchauffement du globe prédomine, il y a des régions où il y a une baisse ou une augmentation marquée des précipitations sur les terres et dans les océans. Généralement les continents nordiques voient une augmentation des précipitations et ce plus particulièrement en hiver. L'évapotranspiration augmente aussi dans les climats plus chauds. L'augmentation de l'évapotranspiration, particulièrement en été, avec la diminution des précipitations dans certaines zones, mènent à des projections de réduction de l'humidité des sols pour certaines régions continentales. Le modèle hydrologique simulé montre aussi plus de précipitation sous forme de pluie que de neige aux latitudes élevées.
Le cycle hydrologique s'accélère, du moins en partie, parce que les températures de surface plus chaudes causent plus d'évaporation et cette humidité accrue dans l'atmosphère crée donc plus de précipitations. Les régions où l'on note des hausses et des baisses marquées des précipitations sont associées à des modifications des grands régimes de la circulation atmosphérique sous un réchauffement climatique. La répartition des changements de précipitation sur le Pacifique et ses zones adjacentes n'est pas sans rappeler le phénomène El Niño; les simulations effectuées avec le modèle du CCmaC et d'autres modèles démontrent un réchauffement semblable à celui créé par El Niño dans le Pacifique tropical.
Ces résultats sont basés sur les simulations effectuées avec le modèle couplé du climat du globe (MCCG1), développé au Centre canadien de modélisation et d'analyse du climat d'Environnement Canada. Les changements projetés des concentrations de gaz à effet de serre et des charges d'aérosols reposent sur le scénario IS92a, élaboré conjointement avec le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat pour représenter un de plusieurs futurs possibles. La sortie du modèle est produite sur une grille dont les mailles font 3,75 degrés de latitude et de longitude, ce qui correspond à environ 400 kilomètres sur 300 kilomètres aux latitudes du Canada.
Les données numériques relatives à cette carte peuvent être téléchargées ici.
Les modèles de climat du globe ont pour objectif de simuler les changements climatiques à grande échelle. Le modèle du Centre canadien de modélisation et d'analyse du climat réussit raisonnablement bien à rendre l'évolution du climat au cours du dernier siècle. Cependant, tous les résultats des scénarios doivent être acceptés avec prudence, tout particulièrement quand on les considère à des échelles locales plus petites. Les modèles des climats régionaux constituent une approche de réduction à une échelle plus locale des résultats à grande échelle fournis par les modèles de climat du globe. Le Canada et d'autres pays s'activent à développer ce genre de modèles.