Voici une simulation des changements projetés pour les températures annuelles moyennes de 1961 à 1990 jusqu’à la période de 2040 à 2060 pour les régions terrestres du Canada. Les changements présenteraient toutefois des variantes sur le plan géographique. Le réchauffement le plus important est prévu pour les régions de l’intérieur et des portions du Nord canadien. De plus, on prévoit que les températures continueront de monter au fil du siècle. Cette élévation générale des températures serait due à un accroissement prévu des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. Les résultats présentés ici sont issus des simulations de changements climatiques réalisées au moyen du modèle couplé du climat du globe, mis au point par Environnement Canada.
Cette carte présente le changement projeté de la température annuelle moyenne pour la masse continentale canadienne entre la période de référence 1961 à 1990 et le milieu (2040 à 2060) du siècle actuel. Ces changements résultent des réponses simulées par le modèle de climat du globe du Centre canadien de modélisation et d'analyse du climat (CCmaC) étant donnée l'augmentation projetée des concentrations de gaz à effet de serre et des charges d'aérosols sulfatés associées à l'activité humaine.
Le changement projeté n'est pas distribué de façon uniforme géographiquement ni sur le cycle des saisons. Le réchauffement est habituellement plus prononcé sur les terres que sur les océans, aux latitudes élevées qu'aux basses latitudes et en hiver qu'en été (les cartes montrant les changements saisonniers sont aussi disponibles dans cette série). Cette carte annuelle reflète ces phénomènes et le réchauffement le plus important aura lieu au centre et au nord du pays. On s'attend à ce que les températures continuent de s'accroître à mesure que l'on s'avance dans le siècle.
L'animation suivante illustre les variations projetées des températures annuelles moyennes entre 1995 et 2070, par rapport à la moyenne enregistrée entre 1961 et 1990.
Généralement parlant, les températures montent au cours de la période de projection, en conséquence de l'augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. Les terres se réchauffent plus que les océans parce que ceux-ci ont une plus grande capacité de stockage thermique. Le réchauffement est plus important aux latitudes élevées à cause, du moins en partie, de la forte rétroaction de la glace et de la neige qui réfléchissent le rayonnement solaire : à mesure que le système se réchauffe, la quantité de glace et de neige diminue; le sol dénudé et les eaux libres absorbent davantage de rayonnement solaire, ce qui réchauffe encore plus la surface de la terre. Pendant l'hiver, les températures très basses qui règnent sur la glace dans le climat actuel sont remplacées par du temps beaucoup plus doux sur les eaux océaniques libres ou partiellement libres de glace.
Il y a aussi diverses caractéristiques moins marquantes du réchauffement projeté, comme la tendance à un réchauffement plus grand dans l'hémisphère Nord que dans l'hémisphère Sud, et l'existence de zones où l'on note un retard du réchauffement, voire un léger refroidissement, dans certaines régions océaniques comme entre le Canada et le Groenland. Dans ce dernier cas, les facteurs qui interviennent sont des changements du mélange dans l'océan profond qui a pour effet de séquestrer de la chaleur dans l'océan.
Ces résultats sont basés sur les simulations effectuées avec le modèle couplé du climat du globe (MCCG2), développé au Centre canadien de modélisation et d'analyse du climat d'Environnement Canada. Les changements projetés des concentrations de gaz à effet de serre et des charges d'aérosols reposent sur le scénario IS92a, élaboré conjointement avec le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat pour représenter un de plusieurs futurs possibles. La sortie du modèle est produite sur une grille dont les mailles font 3,75 degrés de latitude et de longitude, ce qui correspond à environ 400 kilomètres sur 300 kilomètres aux latitudes du Canada.
Pour la foresterie et autres applications, le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada, a dérivé au moyen des simulations, les valeurs projetées du changement climatique par rapport à la période 1961 à 1990, et a rendu les données disponibles sur un maillage plus fin, à l'aide d'une technique d'interpolation basée sur une méthodologie en plusieurs étapes.
Les données numériques relatives à cette carte peuvent être téléchargées ici.
Les modèles de climat du globe ont pour objectif de simuler les changements climatiques à grande échelle. Le modèle du Centre canadien de modélisation et d'analyse du climat réussit raisonnablement bien à rendre l'évolution du climat au cours du dernier siècle. Cependant, tous les résultats des scénarios doivent être acceptés avec prudence, tout particulièrement quand on les considère à des échelles locales plus petites. Les modèles des climats régionaux constituent une approche de réduction à une échelle plus locale des résultats à grande échelle fournis par les modèles de climat du globe. Le Canada et d'autres pays s'activent à développer ce genre de modèles.