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Régions principales d'exploration à la recherche de diamants, en 1997

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Résumé

Pendant les années 60, de nombreuses sociétés minières ont commencé à explorer systématiquement les diamants au Canada. Aujourd'hui, outre la mine Ekati, d'autres projets d'extraction de diamants pourraient atteindre le stade de l'exploitation d'ici quelques années. Cette carte montre la localisation des régions principales d’exploration à la recherche de diamants au Canada en 1997.


Histoire de l’exploration à la recherche de diamants au Canada

En Amérique du Nord, des découvertes isolées de diamants à la surface du sol ont été notées durant la première moitié du 19e siècle dans le Midwest des États-Unis. En 1883, un diamant a aussi été découvert dans du matériel glaciaire en Ontario. En 1899, alors que Hobbs avança son hypothèse selon laquelle en Amérique du Nord les diamants avaient été transportés par les glaciers, la connaissance de l’écoulement des glaces indiquait que la source se situait probablement dans les basses terres de la baie James.

Dans les années 60, plusieurs sociétés minières, dont la société sud - africaine De Beers, ont entrepris une exploration systématique à la recherche de diamants au Canada. Plusieurs autres sociétés ont suivi. En septembre 1991, la première kimberlite de la région du lac de Gras, dans les Territoires du Nord-Ouest, a été découverte par DiaMet et BHP. Cette découverte fut le résultat d’une dizaine d’années de travaux d’exploration comprenant plusieurs volets tels les minéraux indicateurs, l’étude des avancées et retraits glaciaires ainsi que les anomalies magnétiques. Cette découverte a amorcé une vague sans précédent d’exploration pour les diamants au Canada et plusieurs de ces programmes ont été couronnés de succès.

Aujourd’hui, en plus de la nouvelle mine Ekati de BHP Diamonds Inc. et DiaMet Minerals Ltd., d’autres projets de mine de diamants pourraient atteindre l’étape de la production dans les prochaines années, incluant le projet Diavik de Aber Ressources et Rio Tinto, également situé dans la région du lac de Gras. L’intense activité d’exploration devrait permettre d’autres découvertes. Le Canada deviendra un des principaux producteurs mondiaux de diamants.

En fait, la production de la mine Ekati devrait atteindre trois à quatre millions de carats par année, ce qui représente environ 3 % de la production mondiale. De plus, la mine Diavik pourrait produire huit millions de carats dès l’année 2002. Si cette prévision demeure valable, le Canada pourrait devenir le sixième producteur mondial de diamants avec 10 % de la production mondiale.

La mine de diamants Ekati, première mine de diamants au Canada

Le 14 octobre 1998, la mine de diamants Ekati, située dans la région du Lac de Gras, a été officiellement ouverte. « Ekati » est un mot aborigène qui signifie « gras ». On trouve du quartz blanc en abondance dans la région où est située la nouvelle mine de diamants. Les ainés des populations Dogrib et Déné apparentent les veines blanches qui parcourent la roche au gras de caribou. Dans la culture amérindienne nordique, le gras de caribou est un symbole de grande richesse. Quel meilleur nom pouvait-on donner à la première mine de diamants canadienne ?

La mine Ekati est une coentreprise des partenaires canadiens Charles E. Fipke, Stewart Blusson et DiaMet Minerals Ltd. et de la société australienne Broken Hill Proprietary (BHP) Diamond Inc.

Cette histoire commence en 1981 quand le géologue Charles Fipke a découvert des minéraux indicateurs dans les monts Mackenzie près de la frontière entre le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. En 1989, suite à plusieurs années d'exploration, une concentration extrêmement élevée de minéraux indicateurs fut détectée dans la région du Lac de Gras, ce qui impliquait la présence d’une cheminée de kimberlite diamantifère. Plus tard, en 1991, on découvrit des diamants dans un échantillon pris à Point Lake.

Après d’autres échantillonnages et analyses, un processus fédéral d’évaluation environnementale fut amorcée en 1994 et on procéda à la formation d’un comité d’évaluation et d’examen en matière d’environnement. Il fut reconnu qu’un soin particulier devait être porté à l’environnement en raison de la fragilité de ce territoire.

La mine Ekati est située dans la toundra des Territoires du Nord-Ouest, environ à 300 kilomètres de la ville de Yellowknife. La végétation est constituée de bouleau nain, de saules, de carex, de linaigrette (herbe à coton), d’aulnes verts, de thé du Labrador et de plusieurs types de baies. Malgré son climat sub-arctique, la région fournit un habitat pour plusieurs espèces de mammifères. Des hardes de caribous migrent par la région chaque printemps et automne. Des ours grizzly, des renards roux et arctiques, des loups, des carcajous, des lièvres arctiques, des lagopèdes et des écureuils terrestres se partagent le territoire. Des truites, des ombres arctiques, des ménominis ronds, des meuniers rouges et des chabots visqueux nagent dans les nombreux lacs situés sur les terrains de la mine. La faune locale comprend également des aigles royaux, des pygargues à tête blanche, des rapaces diurnes, des faucons pèlerins, des hiboux des marais, des passereaux et des oiseaux aquatiques.

En plus des études environnementales, plusieurs ententes ont été paraphées avec le gouvernement fédéral, le gouvernement territorial et avec des groupes d’Autochtones. Certaines clauses dans ces ententes incluent, par exemple, une cible d’emploi pour les résidents nordiques de 62 % de la main d’œuvre totale, dont la moitié doit être de souche autochtone. Une fois ces ententes paraphées, la construction a débuté.

Dans cette région, les routes d’accès n’existent pas, et le transport routier ne peut s’effectuer que de la mi-janvier à la mi-avril sur des routes d’hiver en glace. Pour construire le site Ekati, des milliers de charges de camion de matériel de construction et de carburant prirent ce chemin de glace. Lorsque la route d’hiver n’est pas utilisable, le transport aérien prend la relève.

Les projets d’exploration et d’exploitation pour les diamants sont très dispendieux. L’investissement total à Ekati est estimé à 700 millions de dollars américains, incluant tous les coûts attribuables au projet, du début de l’exploration à la production. On prévoit cependant que la mine Ekati produira entre 3,5 et 4 millions de carats de diamants bruts par année, ce qui représente environ 4 % en poids et 6 % en valeur de la production mondiale actuelle.

À la mine Ekati, on fera l’extraction du minerai de kimberlite et son traitement. Cinq cheminées de kimberlite distinctes (Panda, Koala, Fox, Sable et Misery) seront exploitées à ciel ouvert, et plus tard, on entreprendra l’extraction souterraine des cheminées Panda et Koala, puisque ces dernières justifient ce type d’extraction en raison de leur teneur élevée en diamants.