Ces notes offrent des détails au sujet des origines du projet cartographique de la dépendance des communautés envers des ressources et étoffent également les concepts, la méthodologie et les sources de données employées dans le but d’obtenir des valeurs de dépendance pour 2001.
Ce projet de l'Atlas du Canada est issu d'une publication du Service canadien des forêts intitulée Analysis of the Contribution of the Forest Industry to the Economic Base of Rural Communities in Canada, (Williamson et Annamraju, 1996). Dans cette étude, les auteurs appliquent des cadres conceptuels et analytiques antérieurement élaborés pour l'assise économique aux données du recensement de 1991 afin de fournir une perspective à jour sur le nombre et la répartition des communautés qui dépendent dans une certaine mesure de la forêt (Fletcher et coll., 1991)
*Le terme «communauté» est équivalent aux subdivisions de recensement (SDR) utilisées dans le cadre du recensement du Canada.
Au début de 1998, paraissait un document de discussion interne intitulé Assessment of the Contribution of the Natural Resource Sectors to Canadian Communities (Samson, 1998), appliquant l'approche proposée par Williamson et Annamraju pour l'identification de communautés dépendantes d'activités dans les secteurs de l'énergie et des mines. La version courante de ce document intitulé « Natural Resource Based Communities in Canada: An analysis based on the 1996 Canada Census » (White and Watson, 2001), démontre l’application du nouveau model économique de base servant à identifier des communautés dépendantes des ressources énergétiques, minières ou forestières.
La méthodologie employée pour identifier les communautés dépendantes des ressources selon les données du Recensement de 2001 est semblable à celle utilisée dans la version de 1998 de l’Atlas qui identifiait les communautés du recensement de 1996. L’étendue de la couverture de 2001 a considérablement augmenté :
Ces changements ont engendré une augmentation substantielle du nombre de communautés affichées sur les cartes. L’ajout de ces communautés offre un point de vue plus détaillé de la dépendance envers une ressource et ce, à l’échelle nationale.
Sur ces cartes, le terme communauté désigne une région définie comme étant une subdivision de recensement (SDR) selon le recensement de la population de 2001. La majorité des SDR correspondent aux municipalités urbaines ou rurales individuelles de chaque province ou territoire. Toutefois, les tailles médianes des communautés sont très différentes en raison du fait que certaines provinces possèdent plusieurs petites municipalités rurales et d’autres provinces sont constituées d’un nombre moins élevé de communautés de plus petite taille. Toutes les communautés affichées sur ces cartes détiennent des populations de plus de 250 habitants.
Le tableau 1 indique le nombre et la taille des communautés pour chaque province et territoire, ainsi que le nombre de communautés caractérisées par une population de plus de 250 habitants. Les 4052 SDR ayant une population de plus de 250 habitants représentent 99,6 % de la population totale canadienne. Le tableau indique également le nombre de réserves indiennes ayant une population de plus de 250 habitants.
| Province/ Territoire | Population totale (’000) | Nombre total de SDR | Nombre de SDR (ayant une population de plus de 250 habitants) | Population totale (SDR ayant une population de plus de 250 habitants) | Population médiane (SDR ayant une population de plus de 250 habitants) | Nombre de réserves indiennes (ayant une population de plus de 250 habitants) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Terre-Neuve-et-Labrador | 513 | 381 | 286 | 500 | 665 | 1 |
| Île-du-Prince-Édouard | 135 | 113 | 99 | 133 | 780 | 1 |
| Nouvelle-Écosse | 908 | 98 | 83 | 908 | 4 082 | 9 |
| Nouveau-Brunswick | 730 | 275 | 253 | 727 | 1 321 | 8 |
| Québec | 7 238 | 1 476 | 1 281 | 7 226 | 1 293 | 20 |
| Ontario | 11 410 | 586 | 478 | 11 402 | 4 228 | 57 |
| Manitoba | 1 120 | 298 | 262 | 1 117 | 946 | 54 |
| Saskatchewan | 979 | 1 002 | 570 | 940 | 529 | 67 |
| Alberta | 2 975 | 452 | 309 | 2 962 | 1 729 | 37 |
| Colombie-Britannique | 3 908 | 816 | 373 | 3 886 | 1 989 | 66 |
| Territoire du Yukon | 29 | 35 | 14 | 27 | 379 | 0 |
| Territoires du Nord-Ouest | 37 | 37 | 21 | 36 | 632 | 1 |
| Nunavut | 27 | 31 | 23 | 26 | 785 | - |
| CANADA | 30 007 | 5 600 | 4 052 | 29 889 | 1 120 | 321 |
Pour cet ensemble de cartes, le terme «ressource» renvoie à la production et à la transformation initiale de cinq types de ressources naturelles. Ces ressources constituent la base de l’économie d’une grande partie du Canada et ce, à l’extérieur des grandes villes et des principaux centres régionaux. Les impacts économiques de ces ressources sont mesurés en termes de revenu d’emploi généré directement de leur exploitation, leur transformation et (dans certains cas) leur distribution. Le revenu d’emploi constitue une donnée recueillie par le recensement de la population; il se base sur les activités de l’année précédant le recensement, ce qui signifie que ces cartes illustrent le statut des activités de l’an 2000.
Le recensement classifie le type d’emploi à l’aide d’un système de classification des industries. Un examen détaillé des données de recensement disponibles permet de mesurer le revenu d’emploi des industries appropriées. Ces données peuvent alors être comparées à d’autres concepts (cités ci-dessous) afin de fournir des mesures de la dépendance d’une communauté vis-à-vis des secteurs de ressources naturelles précis. La dépendance face à une ressource est une mesure de l’importance relative d’un secteur de ressources naturelles auprès d’une communauté particulière.
Les différentes étapes associées à la compilation de données de dépendance sont indiquées ci-dessous. La première étape consiste à utiliser une classification des industries de façon à sélectionner les industries appropriées pour chaque secteur de ressources.
La classification utilisée est la Classification type des industries (CTI), 1980 (Statistique Canada, 1980). Cette version constitue la quatrième (et plus récente) révision canadienne de ce système largement utilisé. La CTI permet de classer par type d’industrie toutes les activités économiques mesurables (et peut ainsi être employée afin de mesurer l’importance de chacun des secteurs économiques du pays). La CTI est un système hiérarchique dont les différents niveaux sont les suivants :
Les composantes de base pour les cinq secteurs de ressources sont habituellement des grands groupes, mais l’utilisation de groupes offrant une précision supplémentaire est parfois nécessaire. Il est important de noter que les secteurs de dépendance envers les ressources ne correspondent pas exactement aux divisions. Les secteurs incluent non seulement une partie ou l’ensemble des divisions en ce qui a trait à l’extraction de la ressource, mais la plupart de ceux-ci comprennent également une partie de la division manufacturière qui renvoie à la transformation de la ressource. Les cinq secteurs de ressources sont les suivants :
Division A – Industries agricoles et de services connexes (tous les grands groupes) :
Grand groupe 01 – Industries agricoles (tous les groupes)
Grand groupe 02 – Industries des services agricoles (tous les groupes)
Division E – Industries manufacturières (une partie du grand groupe suivant) :
Grand groupe 10 – Industries des aliments (tous les groupes, à l’exception de 103 – Industries des produits de la pêche)
Division G – Industries du transport et de l'entreposage (le grand groupe suivant) :
Grand groupe 47 – Industries de l'entreposage et de l'emmagasinage (seul le groupe 471 – Industries de silos à grain)
Division I – Industries du commerce de gros (une partie ou l’ensemble des grands groupes suivants) :
Grand groupe 50 – Industries des produits agricoles, commerce de gros (tous les groupes)
Grand groupe 52 – Industries des produits alimentaires, boissons, médicaments et tabac, commerce de gros (seul le groupe 521 – Produits alimentaires de gros)
Division D – Industries des mines (y compris broyage), carrières et puits de pétrole (une partie ou l’ensemble des grands groupes suivants) :
Grand groupe 07 – Industries du pétrole brut et du gaz naturel (tous les groupes)
Grand groupe 09 – Industries des services miniers (seul le groupe 091 – Industries des services relatifs à l’extraction du pétrole brut et du gaz naturel)
Division E – Industries manufacturières (le grand groupe suivant) :
Grand groupe 36 – Industries des produits raffinés du pétrole et du charbon (tous les groupes)
Division G – Industries du transport et de l'entreposage (le grand groupe suivant) :
Grand groupe 46 – Industries du transport par pipelines (tous les groupes)
Division H – Industries des communications et autres services publics (une partie du grand groupe suivant) :
Grand groupe 49 – Autres industries de services publics (seul le groupe 491 – Industries de l'énergie électrique, et le groupe 492 – Industries de la distribution du gaz)
Division I – Industries du commerce de gros (le grand groupe suivant) :
Grand groupe 51 – Industries des produits pétroliers, commerce de gros (tous les groupes)
Division B – Industries de la pêche et du piégeage (une partie du grand groupe suivant) :
Grand groupe 03 – Industries de la pêche et du piégeage (seul le groupe 031 – Industries de la pêche, et le groupe 032 – Services relatifs à la pêche)
Division E – Industries manufacturières (une partie du grand groupe suivant) :
Grand groupe 10 – Industries des aliments (Groupe 102 – Industries des produits de la pêche)
Division C – Industries de l'exploitation forestière et des services forestiers (tous les grands groupes) :
Grand groupe 04 – Industrie de l'exploitation forestière (tous les groupes)
Grand groupe 05 – Industrie des services forestiers (tous les groupes)
Division E – Industries manufacturières (les grands groupes suivants) :
Grand groupe 25 – Industries du bois (tous les groupes)
Grand groupe 27 – Industries du papier et produits connexes (tous les groupes)
Division D – Industries des mines (y compris broyage), carrières et puits de pétrole (une partie ou l’ensemble des grands groupes suivants) :
Grand groupe 06 – Industries des mines (tous les groupes)
Grand groupe 08 – Industries des carrières et sablières (tous les groupes)
Grand groupe 09 – Industries des services miniers (seul le groupe 092 – Industries des services relatifs à l’extraction minière)
Division E – Industries manufacturières (une partie ou l’ensemble des grands groupes suivants) :
Grand groupe 29 – Industries de première transformation des métaux (tous les groupes)
Grand groupe 35 – Industries des produits minéraux non métalliques (seul le groupe 351 – Industries des produits en argile, et le groupe 358 – Industrie de la chaux)
Division I – Industries du commerce de gros (une partie du grand groupe suivant) :
Grand groupe 56 – Industries des métaux, articles de quincaillerie, matériel de plomberie et de chauffage, matériaux de construction (seul le groupe 561 – Métaux et produits de métal, commerce de gros)
L’assise économique pour une communauté particulière se définit comme étant le revenu d’emploi total au sein d’une économie locale qui est généré par une demande venant de l’extérieur de la communauté. L’assise économique est d’une importance cruciale pour la plupart des communautés en raison de leur prospérité économique (et même, dans certains cas, de leur viabilité) qui est basée sur le revenu d’emploi local généré de la vente de produits à l’extérieur de la communauté. Le revenu d’emploi de l’assise est subséquemment à l'appui d’autres industries qui génèrent des revenus uniquement à partir de la région locale.
Afin d'estimer la part du revenu d'emploi généré par les exportations dans ces secteurs, la tendance relative au revenu d’emploi, qui est produit par chaque industrie pour chacune des communautés, a été comparée à celle de la province au sein de laquelle elles font partie. Si la contribution des industries envers l’économie de la communauté est plus important que la contribution de ces industries pour l'ensemble de l’économie provincial, l'excédent est considéré comme une production destinée à l'exportation et est attribué à l'assise économique de la communauté.
L’assise économique complète inclut également quelques sources de revenus qui ne proviennent pas d’un emploi, dont les pensions de l’État, les régimes privés de retraite et l’assurance-emploi. Ces ajouts accentuent l’assise économique d’une communauté. Par conséquent, ces versements aident à diversifier l’assise économique et réduiront ainsi la dépendance de la communauté envers toute industrie.
La valeur en dollars de l'assise économique de chacune des communautés a été calculée d'après les données sur le revenu d'emploi par industrie du recensement de 2001 (d’après les dollars de 2000). Les données sur le revenu d'emploi par industrie étaient disponibles pour toutes les SDR dont la population excédait 250 habitants en 2001.
Pour les SDR d'une moindre population (celles dont la population est inférieure à 250 habitants), les données sur le revenu n'ont pas été diffusées en raison de restrictions ayant trait à la confidentialité des données. Néanmoins, il est probable qu’un faible pourcentage de communautés ne seront pas considérées; par exemple, en agriculture, peu de communautés rurales de la Saskatchewan possèdent des populations ayant moins de 250 habitants. Les municipalités rurales constituent la vaste majorité de ce type de communauté pour cette province.
Pour l’ensemble des données de 2001, les classes de dépendance utilisées pour toutes les cartes sont les suivantes :
| Étendues des classes de dépendance | Nom de la classe |
|---|---|
| 30,0 to 49,9 % | Moyennement dépendante |
| 50,0 to 64,9 % | Fortement dépendante |
| 65,0 to 79,9 % | Extrêmement dépendante |
| 80,0 to 100,0 % | Uniquement dépendante |
Notez que les classes et leurs noms ont été créés uniquement dans le but de comparer qualitativement le degré de dépendance entre deux communautés.
Une des caractéristiques de l’économie régionale du Canada est qu’il existe des communautés possédant une dépendance substantielle envers plus d’un secteur de ressources. De telles communautés sont qualifiées de communautés dépendantes de plus d’une ressource.
Ces communautés sont grandement représentées sur cette série de cartes. Une communauté ayant une dépendance envers la forêt et les mines sera citée à trois reprises, c’est-à-dire en tant que communauté forestière, en tant que communauté minière et en tant que communauté dépendante de plus d’une ressource.
Les communautés dépendantes de plus d’une ressource ont été regroupées en sept classes indiquées ci-dessous. Ces communautés sont représentées par un degré de dépendance de plus de 30 % envers deux des cinq secteurs de ressources. Le nom en tête de liste d’une classe constitue le secteur qui, dans l’ensemble, domine son groupe de communautés. Quoiqu’il soit mathématiquement possible d’avoir une dépendance envers trois secteurs, aucune communauté ne rencontre ce critère.
| Nom de la classe | Nombre de communautés |
|---|---|
| Agriculture et énergie | 18 |
| Agriculture et foresterie | 16 |
| Énergie et foresterie | 7 |
| Énergie et mines | 3 |
| Pêche et tout autre secteur | 12 |
| Foresterie et mines | 14 |
| Mines et agriculture | 14 |
| Nombre total de communautés | 84 |
La plupart des communautés autochtones au Canada sont des réserves indiennes. Il existe 43 réserves indiennes caractérisées par un pourcentage de dépendance supérieur à 30 %. Il n’est pas surprenant de savoir que les réserves indiennes dépendantes d’une ressource se trouvent majoritairement dans l’Ouest du Canada, puisque les deux tiers des réserves ayant des populations d’au moins 250 habitants y sont également installés. Ces communautés sont notamment concentrées en Colombie-Britannique, une province qui possède plus de la moitié des réserves indiennes dépendantes d’une ressource (25 des 43), alors qu’elle détient seulement 66 des 321 réserves caractérisées par une population de plus 250 habitants.
Deux des cinq secteurs de ressource sont prédominants en matière de dépendance au sein de ces réserves : 30 sont dépendantes de la forêt et 10 autres sont dépendantes de la pêche. Le degré de dépendance est, dans l’ensemble, passablement bas : 23 des 30 communautés forestières possèdent un degré de dépendance allant de 30 à 49 % et il en est de même pour 8 des 10 communautés dépendantes de la pêche.
Il existe 11 autres communautés ayant une population majoritairement autochtone. Sept de celles-ci sont situées aux Territoires du Nord-Ouest et les autres sont établies à proximité (trois en Saskatchewan et une en Alberta). La plupart de ces communautés ont une dépendance envers le secteur des mines (9 sur 11), alors que les deux autres sont dépendantes de l’énergie.
Sur chaque carte de départ, la plus petite échelle indique que toutes les communautés ne sont qu’affichées que sous forme de symboles. Les utilisateurs peuvent cliquer afin de visualiser une (ou l’ensemble) des quatre classes de dépendance.
Au niveau des grandes échelles, les superficies des communautés sont toujours indiquées (bien qu’elles soient souvent si petites qu’elles se situent au-delà du symbole de dépendance). Les communautés appartenant à des régions de plus grandes tailles sont, dans la plupart des cas, des communautés rurales; les utilisateurs doivent savoir que malgré qu’elles soient visuellement éminentes, ces communautés possèdent généralement de très petites populations. Les superficies associées à chacune des subdivisions de recensement (autrement dit chaque communauté) sont illustrées en gris.
Les noms des communautés sont fournis aux plus grandes échelles et correspondent à ceux employés lors du recensement de 2001. Il se peut que les noms aient été modifiés (à l’aide de renseignements retrouvés entre parenthèses), et ce, afin de distinguer deux communautés du même nom, dans le cas où l’une serait une ville et l’autre un canton. Étant donné que le logiciel ne peut superposer des noms, il se peut que certains d’entre eux ne soient pas montrés à une échelle plus précise en raison d’un manque d’espace. Les utilisateurs devront simplement agrandir la carte afin de déterminer l’échelle à laquelle ils peuvent visualiser tous les noms pour une région d’intérêt.
D’autres cartes de l’Atlas du Canada démontrent le type et la superficie de terrains forestiers et de terres agricoles ainsi que de vastes structures géologiques du Canada. Cette information n’a toutefois pas été intégrée à ces cartes, puisque la faible précision de celle-ci ne nous permettait pas de l’afficher aux plus grandes échelles de zoom.