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Composantes humaines associées aux bassins versants

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Résumé

Au-delà d’être une source d’eau potable, les ressources en eau des bassins versants servent à l’irrigation et à la production d’hydroélectricité en plus de constituer un des principaux moyens de transport. Les principaux consommateurs d’eau sont les municipalités, les secteurs agricole, minier et industriel ainsi que les centrales thermiques. Cette carte illustre les différentes composantes humaines et économiques qui exercent une influence sur les bassins versants et qui sont tributaires de leurs ressources.


Les Canadiens entretiennent un lien culturel étroit avec l’eau, qui constitue un élément important de notre héritage, de notre spiritualité et de notre économie. Depuis les toutes premières colonies, les gens construisent leurs maisons le long des rivières et des lacs.

En plus d’être une source d’eau potable, les ressources en eau des bassins versants servent à l’irrigation et à la production d’hydroélectricité, et comme moyens de transport. Les rives et les plaines inondables proposent des sites d’apparence agréable pour la construction de maisons et pour la pratique d’activités récréatives. Malheureusement, l’eau sert également de moyen d’évacuation des rejets industriels.

Les principaux consommateurs d’eau sont les municipalités, les secteurs agricole, minier et industriel ainsi que les centrales thermiques. Par conséquent, les demandes d’approvisionnement en eau de la part de ces activités sont énormes.

Les couches cartographiques illustrent les différentes composantes humaines et économiques des bassins versants. Les descriptions des couches qui suivent démontrent l’importance qu’a chaque composante par rapport aux bassins versants.

Composantes humaines

Population

La plus forte demande en eau douce provient des régions méridionales du Canada à une distance de 200 kilomètres des États-Unis, où la densité de population est la plus élevée. Plusieurs des principaux réseaux hydrographiques du Sud, s’écoulent toutefois vers le nord et s’éloignent des villes importantes.

La croissance rapide de la population dans les régions méridionales a augmenté l’écart entre la disponibilité des ressources en eau douce et la demande en eau des activités économiques et humaines (telles que les municipalités, les centrales thermiques, les secteurs industriel, agricole et minier).

Le développement urbain continuel perturbe les bassins versants. Il altère le cycle hydrologique en modifiant le débit d’eau et la sédimentation, ainsi qu’en réduisant la qualité de l’eau, ce qui affecte la biodiversité et entraîne une dégradation globale des ressources hydriques. De plus, l’alimentation en eaux souterraines peut diminuer en raison d’une baisse de la perméabilité de l’aquifère et des matériaux sus-jacents. Par comparaison aux bassins versants naturels, les bassins versants localisés dans des zones urbaines font l’objet de modifications importantes au niveau des phénomènes météorologiques locaux et des microclimats, ce qui entraîne une augmentation des précipitations en aval des municipalités, une fréquence plus élevée de brouillard et des températures de l’air plus chaudes qui sont favorables à l’évaporation.

L’expansion rapide de la population dans les zones urbaines s’accompagne également d’une augmentation des demandes en matière de services reliés à l’eau, entre autres l’approvisionnement en eau, le drainage, la collecte et l’épuration des eaux usées. De plus, cette croissance de la population a amplifié l’évacuation des eaux usées et par le fait même, a occasionné une pollution chimique et thermique, une diminution du taux d’oxygène, une eutrophisation des eaux, des restrictions quant à la consommation des poissons, des mollusques et des crustacés, une dégradation des populations aquatiques et fauniques ainsi que de leurs habitats, une fermeture des plages, en plus des frais supplémentaires que doivent payer les utilisateurs agricoles, industriels et municipaux pour traiter l'eau.

Population autochtone

L'eau constitue l'essence même de la vie pour les peuples autochtones. Pour eux, il est nécessaire de comprendre et de respecter le rôle de l’eau. Savoir comment trouver sa nourriture dans l'eau et comment se déplacer à sa surface peut faire la différence entre la vie et la mort.

La santé mentale et physique des populations autochtones est indissociable de l'eau et des voies navigables. La qualité de l'eau de plusieurs de nos réseaux hydrographiques est aujourd'hui dégradée à cause de l'accroissement de l'activité humaine. Pour bien des Autochtones, cette dégradation de la terre signifie la détérioration de leur santé et de leur mode de vie.

Composantes économiques

Barrages et dérivations

On retrouve un bon nombre de barrages et de dérivations dans la plupart des provinces canadiennes. L’eau est accumulée derrière un barrage, puis elle est retirée de son cours naturel afin d’être transférée ailleurs dans le même bassin hydrographique ou dans un autre bassin. Les barrages et les dérivations redistribuent l’écoulement fluvial vers les régions affichant une plus grande demande en eau.

La grande majorité des barrages importants au Canada ont été construits uniquement pour la production d’hydroélectricité. Les autres ont été érigés principalement à des fins d’approvisionnement en eau et d’irrigation, surtout dans les Prairies, alors que les autres remplissent un éventail de fonctions, notamment la lutte contre les inondations, la navigation, les loisirs ou une combinaison de ces usages. Les barrages les plus récents et les plus importants, c’est-à-dire le projet de La Grande (baie James) au Québec, la dérivation de la rivière Churchill et du fleuve Nelson au Manitoba et le projet de Churchill Falls au Labrador, sont tous gérés publiquement par des programmes d’énergie hydroélectrique.

Les ouvrages hydroélectriques ont eu des effets considérables sur les cours d'eau et les lacs au Canada. Relativement peu de grands sites hydroélectriques ont été aménagés depuis les années 1970, car les mesures prises pour éviter ou atténuer leurs impacts environnementaux et humains les rendent plus difficiles et coûteux à planifier et à construire.

Agriculture

L’utilisation accrue des terres agricoles au Canada modifie l’hydrologie naturelle des bassins versants, ce qui se répercute sur la disponibilité relative de l’eau, et dans certains cas, sur sa qualité. L’agriculture, qui prélève les réserves d’eau des rivières, des ruisseaux, des réservoirs et des puits pour irriguer les terres et abreuver le bétail, constitue l’un des secteurs qui consomment le plus d’eau.

L'irrigation permet d'approvisionner les cultures en eau au-delà de ce qui est possible avec les précipitations locales. L'irrigation est essentielle à l'agriculture dans certaines régions du Canada, comme les Prairies et l'intérieur de la Colombie-Britannique. La quantité d'eau à prélever pour assurer l'irrigation varie annuellement. Elle dépend des précipitations hivernales, de la météo et de l'humidité du sol pendant la saison de croissance. En fait, les régions arides de l'intérieur de la Colombie-Britannique et du sud des Prairies subissent de lourds déficits en eau à un moment donné pendant la plupart des étés et sont plus sujettes à des sécheresses prolongées. C'est là (plus particulièrement à l'extrémité sud de l'Alberta) que l'on trouve la majeure partie du million d'hectares de terres agricoles irriguées au Canada.

Forêts

Les forêts exercent un rôle clé dans le cycle hydrologique, en influençant les patrons d’évapotranspiration, le ruissellement et l’humidité du sol. En effet, la couverture forestière maintient la capacité d’infiltration du sol, diminue le ruissellement, réduit la vitesse des vents et augmente l’interception des eaux de pluie, ce qui a localement une incidence considérable sur le microclimat local et le cycle hydrologique.

Les perturbations suite à des opérations forestières, des incendies de forêt et des infestations ont un impact majeur sur le débit des cours d’eau, la qualité de l’eau, le transport des sédiments et la réalimentation des eaux souterraines. L’élimination de la végétation cause des diminutions de courte durée et importantes des pertes d’eau par évapotranspiration et des baisses de l’interception des eaux pluviales ce qui, dans l’ensemble, accroît la teneur en eau du sol dans les zones perturbées. La disparition de la végétation augmente également l’écoulement de l’eau à l’extérieur du bassin versant.

Mines

De grands volumes d’eau sont employés dans les secteurs minier et pétrolier pour l’extraction et la concentration des métaux et des minerais non métalliques, pour l’extraction du pétrole brut léger et lourd et pour la production de l’électricité nécessaire au concassage du minerai et à sa transformation sur place, à la fusion et au raffinage des métaux ainsi qu’à d’autres traitements visant à améliorer les propriétés de ces matières premières. La demande en eau de l’industrie minière est limitée et localisée, mais elle augmente lorsque les opérations de fonte et d’affinage ainsi que la fabrication sont prises en compte.

De plus, le rejet par les mines abandonnées d’une eau qui ne satisfait pas aux normes environnementales fait peser une grande menace sur les réservoirs d’eau douce disponibles dans certains bassins versants du pays.