Consommation de l'eau
Ce thème décrit l'utilisation de l'eau dans la vie courante et dans l'économie; l'autre décrit l'utilisation de l'eau à des fins récréatives, ainsi que les activités qui nécessitent de l'eau.
Consommation de l'eau (cartes):
Introduction à l'utilisation de l'eau
L'eau a toujours joué un rôle indispensable dans le
développement du Canada. Le commerce des fourrures, qui a
favorisé l'exploration des vastes régions intérieures
du Canada, était entièrement tributaire de la présence
de cours d'eau. Les voies navigables ont aussi longtemps été
utilisées pour le transport des billots sur de longues distances;
le bois descendait les rivières jusqu'aux scieries, d'où
on l'exportait par bateau. L'aménagement des cours d'eau
pour alimenter en énergie les usines de toutes sortes qui
bordent les rivières du centre et de l'est du Canada a permis
la production d'un grand nombre de biens destinés à
la consommation locale et à l'exportation, tels que les grains
et les étoffes. L'accessibilité de l'eau a rendu possible
comme nulle part ailleurs le développement de certains types
d'industries, tels que la production de pâtes et papiers et
la production d'hydroélectricité. L'économie
canadienne (et son style de vie) est exceptionnellement dépendante
de l'eau encore aujourd'hui.
Cependant, l'utilisation qu'en font un grand nombre de Canadiens
la dégrade à bien des égards. Les effluents
peuvent nuire à la fois aux humains et à l'environnement
si les eaux ne sont pas traitées. La contamination de l'eau
a toujours été un problème au Canada, mais
peut-être davantage ces dernières années; l'économie
et les activités des Canadiens ayant pris un essor considérable
et soumis les ressources hydriques à de multiples sollicitations.
Lieux de consommation de l'eau
Les utilisations les plus évidentes et immédiates
de l'eau ont lieu dans son milieu naturel : ce sont les utilisations
dites non consommatrices, comme la production d'énergie hydroélectrique,
la navigation et les loisirs aquatiques. L'intérêt
que l'on porte à l'habitat du poisson et aux autres formes
de vie présentes dans les plans d'eau pourrait, à
la limite, être rangé parmi les utilisations non consommatrices.
Ces utilisations ne consomment pas d'eau par définition,
mais elles peuvent diminuer sa qualité. Par exemple, les
fuites d'huile provenant des moteurs hors-bord et des cargos polluent
localement. De la même façon, les réservoirs
hydroélectriques et pour d'autres usages peuvent avoir des
effets sur la qualité de l'eau, car ils modifient le tracé
des cours d'eau.
Aux utilisations non consommatrices s'opposent les utilisations
consommatrices d'eau. L'eau est prélevée de sa source,
pompée en surface et utilisée; les effluents sont
ensuite rejetés, parfois dans la source même où
l'eau a été prélevée. Il y a un grand
nombre d'utilisations consommatrices, par exemple la consommation
domestique et industrielle, l'irrigation, l'abreuvement du bétail
et le refroidissement des centrales thermiques.
Dans la plupart des utilisations consommatrices, une partie de
l'eau est consommée, c'est-à-dire que la quantité
d'eau qui retourne dans l'environnement est moindre que la quantité
prélevée. La qualité de l'eau peut aussi, être
dégradée, car les déchets ne sont pas toujours
traités adéquatement.
La figure 1 montre les principales utilisations mesurables de l'eau.
Les plus grandes utilisatrices sont les centrales thermiques et
nucléaires. Par contre, la consommation est négligeable
et l'eau demeure relativement intacte : le principal impact est
la pollution thermique, ce qui veut dire que l'eau retournée
dans l'environnement est plus chaude que l'eau prélevée.
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Figure 1 : Principales utilisations de l'eau au Canada, en 2000
Toutes les autres utilisations montrées sur la figure 1
sont des utilisations consommatrices. L'impact de l'industrie manufacturière
est sous-estimé, puisqu'on ne tient compte ici que des entreprises
qui ont leur propre réseau d'aqueduc. Les usines manufacturières
qui utilisent l'eau municipale sont classées dans la catégorie
des utilisations municipales.
Questions liées à l'utilisation de l'eau
- Disponibilité de l'eau : De quelque
point de vue que l'on se place, les approvisionnements en eau
du Canada sont, dans l'ensemble, considérables. Toutefois,
l'eau n'est pas toujours abondante là où on en a
le plus besoin. Quatre-vingt-dix pour cent (90 %) des Canadiens
vivent dans une bande étroite le long de la frontière
sud du pays. Or, 60 % des ressources en eau se trouvent au nord
de cette bande habitée. Non seulement c'est le Nord, mais
cette eau coule vers le nord, s'éloignant des centres de
population. Même à l'intérieur de la bande
habitée, la population est concentrée en majeure
partie dans des zones relativement petites, où les approvisionnements
en eau sont soumis à de fortes sollicitations de toutes
sortes. Il se pose aussi un problème de pénuries
d'eau saisonnières, de modérées à
sévères, dans plusieurs régions du Canada.
En 1999, 26 % des municipalités canadiennes qui avaient
des systèmes de distribution d'eau ont signalé avoir
eu des problèmes de disponibilité de l'eau à
certains moments au cours des cinq années précédentes.
- Dépendance à l'égard de l'eau souterraine
: Approximativement un Canadien sur quatre (huit millions
de personnes) compte exclusivement sur l'eau souterraine pour
répondre à ses besoins. Les municipalités
qui dépendent de l'eau souterraine sont plus exposées
aux pénuries que celles qui s'approvisionnent dans les
lacs et les rivières. La contamination des eaux souterraines
par le ruissellement est aussi une menace.
- Utilisation excessive de l'eau : Pourtant,
puisque la plupart des régions du Canada ont un accès
direct à des sources d'eau potable en apparence illimitées,
les Canadiens sont les plus grands consommateurs d'eau par personne,
à l'exception des États-Unis. Dans une économie
en perpétuelle croissance, les municipalités grèvent
leurs ressources en eau de surface et en eau souterraine. Dans
les zones exposées à la sécheresse, la marge
de manœuvre en cas de pénurie est mince. Le manque
d'eau peut entraîner un rationnement ou l'abandon de certaines
activités.
- Infrastructure de construction et d'entretien :
L'accroissement de la population et la croissance de l'économie
rendent nécessaire la construction d'une nouvelle infrastructure
pour l'eau potable et les eaux usées. Les réductions
budgétaires des années 90 ont aussi entraîné
la détérioration de l'infrastructure actuelle. Aussi,
même les coûts d'entretien de l'infrastructure existante
pour maintenir un niveau de service adéquat sont faramineux,
de l'ordre de 40 à 70 milliards pour les dix prochaines
années.
- Tendances de la conservation des eaux : Dans
la principale catégorie d'utilisation examinée -
l'utilisation municipale - la consommation quotidienne d'eau a
diminué, passant de 694 litres par personne en 1989 à
628 litres en 1996. Depuis, la consommation n'a cessé d'augmenter
(jusqu'à 638 litres par personne en 1999), mais cette hausse
s'explique par la construction de nouveaux réseaux d'aqueduc
dans des endroits où un accès fiable à de
l'eau propre fait défaut. Les compteurs d'eau utilisés
dans certaines municipalités ont aidé à réduire
la consommation. La figure 2 montre que les ménages qui
payent l'eau au volume (c.-à-d. selon la consommation mesurée)
consommaient 288 litres par jour. C'est beaucoup moins que les
433 litres d'eau consommés par personne dans les ménages
qui paient un taux uniforme.
- Le rôle du gouvernement fédéral
: Le gouvernement fédéral a participé
très activement à l'amélioration des habitudes
de consommation de l'eau. Par exemple, il a doté un Fonds
d'investissement municipal vert de 100 millions de dollars, un
fonds renouvelable permanent qui sert à financer des projets
environnementaux. (Dans un fonds renouvelable, les utilisateurs
empruntent de l'argent du fonds pour apporter une amélioration
et le remboursent ensuite avec une partie des économies
réalisées). Le gouvernement fédéral
a aussi créé un Fonds d'habilitation municipal vert
de 25 millions de dollars, dans le cadre d'un programme quinquennal
qui accordera des subventions à frais partagés pour
des études de faisabilité environnementale. Les
deux fonds sont administrés par la Fédération
canadienne des municipalités.
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Figure 2 : Comparaison entre la tarification au volume et la tarification fixe de la consommation d'eau quotidienne dans le secteur résidentiel en 1999