On voit sur cette carte la distribution des peuples autochtones à l'apogée du régime britannique, quand la Compagnie de la Baie d'Hudson dominait le commerce des fourrures. Les sociétés ethnohistoriques sont indiquées sur la carte en fonction des grandes familles linguistiques auxquelles elles appartiennent. Les sociétés ethnohistoriques sont les peuples autochtones tels que les Européens les connaissaient, par leur nom et par l'emplacement de leur territoire, au début du XIXème siècle. Un code de famille linguistique identifie chaque société ethnohistorique sur la carte et peut être utilisé comme numéro de référence pour obtenir de l'information pour chaque société ethnohistorique.
La carte LES PEUPLES AUTOCHTONES AU CANADA vers 1823 présente un point de vue européen du début du dix-neuvième siècle des peuples autochtones du Canada. L’année 1823 a été choisie parce qu’on dispose à cette date de données démographiques remarquablement complètes pour une grande partie du Canada, tirées d’un recensement commandé par le gouverneur du Comité de la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1822.
Au début des années 1820, la population autochtone de ce qui allait devenir par la suite le Canada était d’environ 150 000 âmes, une réduction considérable par comparaison aux 200 000 âmes estimées pour les années 1740 et aux 250 000 au début des années 1630. Jusqu’à la fin du dix-huitième siècle, cette réduction était largement attribuable aux épidémies de maladies contagieuses et, à un degré moindre, à la guerre. Avec le déroulement du dix-neuvième siècle, la maladie a continué à faire de nombreuses victimes partout au Canada, mais la famine se manifestait aussi de plus en plus dans les régions de l’Est du pays, où les colonies européennes grandissantes modifiaient les modes de subsistance des Autochtones par la chasse et le piégeage excessifs.
En 1821, la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la Baie d’Hudson, les deux dernières grandes compagnies de traite des fourrures en Amérique du Nord britannique, ont fusionné après de nombreuses années de concurrence féroce. Cette fusion a entraîné la nécessité de faire le point sur les postes, le personnel, les systèmes de transport et les ressources fourrures et nourriture du vaste territoire désormais contrôlé par un monopole. Cette réévaluation avait pour but de rationaliser le commerce des fourrures afin d’en faire un système profitable, fondé sur des ressources renouvelables.
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La maison de la Compagnie du Nord-Ouest, rue Vaudreuil, à Montréal. La compagnie a été créée au cours des années 1770 par un groupe de marchands de fourrure.
Un aspect de cette réévaluation était le recensement de la population autochtone commandé le 27 février 1822 par le gouverneur et le Comité de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Conformément à ces instructions, George Simpson, gouverneur du département du Nord de la Compagnie, a donné l’ordre aux traiteurs des différents districts :
« … de fournir des rapports particuliers sur l’ensemble de la population des Indiens des territoires relevant de leur compétence, en précisant les noms des tribus, des chefs, des chefs de familles et de leurs membres, avec mention du district dans lequel ils font la chasse… » (traduction libre)
Avant la fin de l’année 1823, la plupart des agents de la compagnie s’étaient conformés à cette directive, et certains avec un souci du détail remarquable. Comme il s’agissait d’une directive permanente, d’autres renseignements ont été consignés à mesure que le commerce prenait s’étendait à de nouvelles régions ou que les traiteurs apprenaient à mieux connaître les groupes autochtones avec lesquels ils traitaient. Les dénombrements et les estimés des traiteurs n’ont jamais été rassemblés en un seul rapport complet, mais la compagnie a utilisé les données dans son processus de planification.