L'exploration des terres continentales par les Français entre 1651 et 1760 prend son origine dans les explorations réalisées par Champlain et les Jésuites plus tôt au dix-septième siècle. Invariablement, durant cette période, les explorateurs éventuels commencent par interroger les Autochtones au sujet des régions inconnues, en demandant des cartes. Une fois cette information obtenue, on embauchait des guides autochtones (ou, le plus souvent, l'explorateur se joignait tout simplement au groupe autochtone qui retournait à ses terres). L'explorateur apportait des biens échangeables contre de la nourriture ou offerts en cadeaux lors de cérémonies visant à sceller des accords d'amitié.
Tout au long du régime français, la plupart des renseignements provenant de l'exploration ont été transmis verbalement ou dans des rapports et lettres envoyés aux divers représentants du gouvernement, en général par l'intendant de la Nouvelle-France ou son gouverneur. Compte tenu de l'expansion anglaise le long de la côte de l'Atlantique, et, après 1668, dans la baie d'Hudson, l'intendant Jean Talon comprend qu'il faut conserver certains registres des voyages effectués par les Français. En 1670, il ordonne aux explorateurs de tenir un journal et d'organiser des cérémonies pour prendre officiellement possession des terres. En 1702, la destination finale des cartes et des documents officiels est le Ministère de la Marine, à Paris, qui est chargé des colonies. Les représentants du gouvernement et divers géographes royaux peuvent ainsi les consulter. En 1720, la transmission s'est officialisée par suite de la création d'une collection, le Dépôt des cartes, plans et journaux, au sein du Ministère de la Marine.
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La Vérendrye - Lac des Bois, de A. H. Hider
Durant cette période, par opposition aux Français, les Anglais font peu d'explorations, du moins jusqu'au milieu du dix-huitième siècle. L'exploration est relatée oralement ou par écrit, et enterrée dans les archives de la Compagnie de la Baie Hudson.
À partir de 1741, la critique à l'endroit des piètres résultats d'exploration de la compagnie s'amplifie et entraîne la tenue d'une enquête du Parlement. Par la suite, la Compagnie entreprend de cartographier sérieusement les côtes et, en 1753, en raison de la concurrence féroce livrée par les Français, autorise le début de l'exploration des terres intérieures. Aucune des informations recueillies durant cette période ne sera divulguée publiquement avant la fin du siècle.