L'acquisition de la Terre de Rupert et du Territoire du Nord-Ouest a permis de constituer les Territoires du Nord-Ouest. La province du Manitoba est créée. En 1877, les limites du Manitoba sont ajustées de manière à ce qu'elles soient conformes au Système d'arpentage des terres du Canada
L'histoire longue et diversifiée de la colonisation au Canada se traduit par deux configurations distinctes des limites, qui différencient le Canada oriental du Canada occidental. Les limites orientales suivent les éléments du relief tels que les bassins hydrographiques, alors que les limites du Canada occidental et septentrional reflètent l'organisation administrative de ces terres, d'abord par la Compagnie de la Baie d'Hudson et, ensuite, par le Gouvernement du Canada.
En 1670, le roi d'Angleterre décide que la Compagnie de la Baie d'Hudson, dirigée par le prince Rupert, a le monopole de la traite des fourrures. En plus, la Compagnie devient le gouvernement de la région dont les rivières s'écoulent dans la Baie d'Hudson. On appelle cette région Terre de Rupert. La traite des fourrures entraîne l'exploration de cette région que l'on divise en deux parties : les Territoires du Nord-Ouest, dont les rivières s'écoulent dans les océans Arctique et Pacifique et la Terre de Rupert, dont les rivières s'écoulent dans la Baie d'Hudson.
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Photo du chemin de fer au lac Mercier, au Québec
Après la Confédération, les gens s'intéressent plus à ces territoires parce qu'ils espèrent les coloniser. En 1867, les Américains achètent l'Alaska; le Canada s'inquiète de perdre tout l'ouest aux Américains. C'est pourquoi, en décembre 1867, le Canada et la Compagnie de la Baie d'Hudson commencent à négocier la vente des terres de cette région. L'Acte de la Terre de Rupert de 1868 permet à la couronne britannique de mettre la main sur la région appartenant à la Compagnie de la Baie d'Hudson. Elle vend ensuite la Terre de Rupert au Canada pour 300 000 livres. La Compagnie de la Baie d'Hudson conserve les droits sur ses comptoirs de traite et 45 000 acres autour. Elle peut également réclamer un vingtième de toutes les terres fertiles. Les droits et les titres de la Terre de Rupert sont remis au Canada en 1870 même si l'entente n'est finale qu'en 1871. La couronne britannique transfère les droits, les titres et les territoires des Territoires du Nord-Ouest au Canada, en même temps que les droits, les titres et les territoires de la Terre de Rupert.
Beaucoup de personnes veulent s'établir dans l'ouest du Canada. En 1870, le Manitoba devient donc la cinquième province du pays.
Après la Confédération, les Canadiens manifestèrent beaucoup d'intérêt pour ces territoires, perçus comme une nouvelle frontière de colonisation. Lorsque les Américains achetèrent l'Alaska en 1867, le Canada s'inquiète. Des négociations entre le Canada et la Compagnie de la Baie d'Hudson ont pour résultat le Rupert's Land Act de 1868, par lequel la couronne britannique reçoit l'autorité de s'approprier des territoires de la compagnie et de transférer ces territoires au Canada.
En 1811, Lord Selkirk aide beaucoup d'Écossais pauvres à se construire des maisons pour former une colonie dans la vallée de la rivière Rouge, région qu'il nomme l'Assiniboine. En 1834, la Compagnie de la Baie d'Hudson devient propriétaire de l'Assiniboine et en fixe les frontières. L'Assiniboine forme un cercle de 100 milles de largeur, et Fort Garry se retrouve au centre.
En 1867, le Canada commence à négocier avec la Compagnie de la Baie d'Hudson pour acheter les Territoires du Nord-Ouest. Malheureusement, ni le gouvernement canadien ni la compagnie ne demande aux personnes de cette région ce qu'elles en pensent. Les Métis catholiques de la colonie de la rivière Rouge craignent l'arrivée d'un grand nombre de colons protestants anglais. Ils ont peur de perdre leur culture, leur mode de vie et leur religion. Quand le gouvernement commence l'arpentage officiel des terres et distribue des terres aux colons, les Métis se préparent à défendre leurs droits. Leur chef de la résistance est un Métis qui s'appelle Louis Riel.
À l'automne 1869, les Métis envahissent Fort Garry, qui appartient à la Compagnie de la Baie d'Hudson, et forment leur propre gouvernement. Même si le gouvernement canadien reconnaît qu'il faut tenir compte des droits des Métis, il y a un grave problème à régler. Des hommes de Riel ont emprisonné et tué le colon Thomas Scott parce qu'il s'oppose au gouvernement des Métis. Des soldats britanniques et des miliciens canadiens commandés par le colonel Wolseley viennent assurer la paix. Le gouvernement fédéral accepte de négocier l'entrée de la colonie de la rivière Rouge dans la Confédération canadienne. Le résultat de ces négociations est l'Acte du Manitoba et la fin de la rébellion de la rivière Rouge. Louis Riel s'enfuit aux États-Unis à l'approche des soldats canadiens.
L'Acte du Manitoba de 1870 détermine le statut de la colonie de la rivière Rouge. Le district de l'Assiniboine devient la province du Manitoba le 15 juillet 1870. Le nom « Manitoba » vient probablement des mots indiens « Minne » et « Toba » qui veulent dire « prairie d'eau ». La nouvelle province conserve le même système de gouvernement que les autres, sauf qu'elle reconnaît l'égalité des langues française et anglaise comme langues officielles de la province. Les écoles sont séparées, et des terres sont réservées aux Métis.
À sa création, la province du Manitoba est deux fois plus grande que le district de l'Assiniboine. En 1870, ses frontières sont les parallèles de latitude 49° à 50°30' nord, et les méridiens de longitude 96° à 99° ouest. La frontière entre le Manitoba et les États-Unis suit le 49e parallèle, défini comme frontière internationale en 1818.
L'animation intitulée L'évolution territoriale, 1867 à 1999 retrace l’évolution des frontières politiques au Canada, depuis la Confédération jusqu’à la création du Nunavut.