Les cartes montrent les données par collectivité autochtone. Ces collectivités comprennent les réserves indiennes et les autres collectivités habitées surtout par des Inuits ou autres groupes autochtones. Les cartes tiennent compte uniquement des collectivités où plus de 20 personnes ont désigné une langue autochtone comme leur langue maternelle. Les collectivités pour lesquelles les données du recensement de 1996 sont incomplètes ne figurent pas sur les cartes.
Les trois cartes ont été dressées à partir des données recueillies lors des recensements de 1981 à 1991 et lors de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 1991 (EAPA). À cause de l’évolution des concepts et mesures de la population autochtone, l’analyse des séries chronologiques du recensement vise uniquement les données linguistiques, de sorte que les données sur la langue autochtone s’appliquent à la population totale. La population désignée comme étant autochtone comprend les personnes qui s’étaient identifiées comme appartenant à au moins un groupe autochtone, c’est-à-dire les Indiens nord-américains, les Métis ou les Inuits en 1996. En 1991 et pour les recensements antérieurs, la question sur les origines ethniques portait surtout sur l’origine ancestrale.
Pour garantir la comparabilité des données, l’étude a neutralisé les données incomplètes du recensement dans les réserves entre 1981 et 1996 et de la désignation de nouveaux codes de langue dans les recensements de 1986, 1991 et 1996 pour maintenir la correspondance avec les classifications de 1981. Avant 1981, on ne possédait pas de données détaillées sur les langues autochtones individuelles, vu qu’on ne faisait de distinctions qu’entre l’indien et l’esquimau (inuktitut). Le nombre de détails fournis au sujet des langues individuelles a augmenté avec chaque nouveau recensement, mais certaines langues moins répandues, qui avaient leur propre code dans les recensements précédents, ont été englobées dans des groupes plus vastes parce que le nombre de personnes qui les parlaient avait diminué.
Réponse simple : Le répondant désigne une seule langue comme sa langue maternelle ou la langue parlée à la maison. Dans le présent article, les données des séries chronologiques (1981 à 1996) se fondent sur des réponses simples vu qu’il n’y avait pas de possibilité de donner des réponses multiples avant 1986.
Réponse multiple : Le répondant désigne plus d’une langue utilisée couramment à la maison ou comme langue maternelle. Les données de 1996 se fondent sur une combinaison des réponses simples et multiples. Les réponses multiples représentent 10 % des réponses sur la langue maternelle et 17 % des réponses sur la langue employée à la maison.
Population de langue maternelle autochtone (LM) : ceux dont la première langue apprise à la maison et encore comprise est une langue autochtone.
Population de langue autochtone au domicile (LD) : ceux qui parlent le plus souvent une langue autochtone à la maison.
Population ayant des connaissances linguistiques (CL) : ceux qui parlent une langue autochtone assez bien pour avoir une conversation dans cette langue.
Indice de continuité (LD/LM) : mesure la continuité linguistique, ou la vitalité de la langue, en comparant le nombre de ceux qui parlent une langue donnée à la maison au nombre de ceux qui ont appris cette langue comme langue maternelle. Un rapport inférieur à 100 dénote une baisse de vitalité de la langue (autrement dit, pour chaque 100 personnes ayant comme langue maternelle une langue autochtone, moins de 100 membres de la population globale s’en servent à la maison). Plus le rapport est faible, plus l’érosion ou le déclin est important.
Indice de connaissance (CL/LM): compare le nombre de personnes qui disent pouvoir parler une langue autochtone au nombre de personnes dont c’est la langue maternelle. Si, pour chaque 100 membres de la population globale qui ont une langue maternelle donnée, plus de 100 personnes peuvent la parler, certains l’ont manifestement apprise comme langue seconde à l’école ou plus tard. Cela peut signifier une certaine reprise de la langue.
La classification de survie de la langue se fonde sur l’étude menée en 1991 par M. Dale Kinkade et intitulée The Decline of Native Languages in Canada. Il existe d’autres méthodes de classification, mais tous s’entendent sur la façon de voir quelles langues sont viables et lesquelles sont en péril. Kinkade divise les langues autochtones en cinq groupes: les langues déjà disparues, les langues près de disparaître, les langues en péril, les langues viables, mais ayant une petite base de population, et les langues viables ayant une base de population importante. (Note: les langues disparues ne sont pas indiquées sur les cartes.)
Les langues près de disparaître sont considérées comme ne pouvant plus reprendre puisque, de façon générale, seules quelques personnes âgées les connaissent. (Ces langues ne sont pas visées par l’étude vu qu’on ne possède pas de données de recensement fiables à leur sujet.)
Les langues considérées comme étant en péril sont encore parlées par assez de gens pour que leur survie soit jugée marginalement possible si suffisamment de membres de la collectivité s’y intéressent et si l’on met sur pied des programmes d’éducation pour les enseigner.
Les langues viables, mais ayant une petite base de population ont tendance à être parlées par plus de 100 personnes dans des collectivités isolées, mais bien organisées et hautement sensibilisées à leur culture traditionnelle. Dans ces collectivités, la langue est considérée comme l’un des signes importants de l’identité personnelle.
Les langues viables ont une base de population assez importante pour que leur survie à long terme soit relativement assurée. Dans le présent article, les qualificatifs « saine », « forte » et « florissante » sont employés pour décrire les langues viables.
Consultez les publications suivantes pour un examen des langues autochtones viables et en péril: