Le Réseau des rivières du patrimoine canadien (RRPC) assure la gestion à long terme et la conservation de rivières remarquables au Canada.Trois des vingt-huit rivières du patrimoine canadien coulent au Nunavut : la Thelon, la Kazan, et la Soper. Ces rivières reflètent le patrimoine naturel et culturel du Nunavut.
L’objectif du Réseau des rivières du patrimoine canadien est de mettre sur pied des programmes de gestion qui permettront d’apprécier la diversité de rivières remarquables au Canada. Les projets sont évalués pour leur contribution à la mise en valeur des qualités naturelles, culturelles et récréatives des rivières. Trois des 28 rivières du patrimoine canadien coulent au Nunavut : la Thelon, la Kazan et la Soper. Une quatrième, la Coppermine, a été proposée comme rivière du patrimoine. Ces rivières reflètent le patrimoine naturel et culturel du Nunavut, et nous présentons ci-dessous un portrait détaillé de chacune d’entre elles.
La Thelon plonge majestueusement depuis des vallées bordées d’épinettes, serpente à travers les terres dénudées de la toundra, traverse d’immenses lacs lisses comme des miroirs et se déverse finalement dans le lac Baker. La Thelon demeure une source vitale pour les caribous et les poissons, et un lieu de ressourcement spirituel pour les Inuit du village de Baker Lake. On y trouve les vestiges de campements inuits témoignage d’un récent passé où la rivière était le territoire privilégié des Inuits qui menaient une existence nomade en chassant le caribou. Ils suivaient les vastes troupeaux de caribous – des centaines de milliers – qui migrent encore aujourd’hui dans cette région. La rivière Thelon est la plus longue du Nunavut; elle arrose un territoire de 142 000 kilomètres carrés.
De sa source, située près des limites septentrionales de la forêt boréale du nord de la Saskatchewan, la Kazan coule vers la toundra dénudée d’arbres et poursuit son cours vers le nord sur une distance de 1000 kilomètres vers le lac Baker. La vallée de la Kazan était un territoire de chasse important et, encore aujourd’hui, y vivent de vastes troupeaux de caribous et d’autre espèces de la faune arctique, comme le bœuf musqué et le loup. Aux chutes Kazan, la rivière plonge d’une hauteur de 25 mètres et dévale pour deux kilomètres, traversant une gorge de grès rouge. Les Inuits ont laissé des traces de leur passage, qui font aujourd’hui partie intégrante du paysage, des « inuksuit », tas de pierres qui rappellent la forme du corps humain. Cent quatre-vingt-six (186) sites archéologiques ont été découverts sur la rivière Kazan sur une distance de 500 kilomètres. La rivière Kazan draine un territoire de 71 500 kilomètres carrés.
La rivière Soper suit un parcours sinueux à travers les collines de la toundra du sud de l’île de Baffin. Comme sa vallée est protégée des vents violents, il s’est créé un micro-climat où la température est légèrement plus élevée que celle des écosystèmes des altitudes semblables; ces conditions ont permis l’établissement près de la rivière, d’une forêt de saules qui atteignent 3,6 mètres de haut, et la croissance d’une très grande diversité de fleurs arctiques. La rivière a été utilisée par les Inuits comme principale source de nourriture et comme voie de transport depuis des milliers d’années. Près de l’embouchure, les chutes Soper présentent un phénomène hydrographique particulier : courant inversé causé par les fortes marées du détroit d’Hudson. La rivière doit son nom anglais à un biologiste, Dewey Soper, mais elle est également connue sous le nom de Kuujuak, ou grande rivière, en inuktitut.
La rivière Coppermine a été proposée comme rivière du patrimoine en raison de sa riche histoire, de ses caractéristiques culturelles et naturelles et de son potentiel récréotouristique. Elle coule vers le nord-ouest sur 845 kilomètres, et a sa source au lac de Gras, près du Grand lac des Esclaves. La communauté de Kugkluktuk est située à son embouchure, à l’endroit où la rivière pénètre dans le golfe Coronation. Comme son nom l’indique, du cuivre (« copper » en anglais) est présent à la surface du sol sous forme de pépites, le long du cours inférieur de la rivière. Le cuivre était utilisé, et l’est encore aujourd’hui, par les Inuits de la communauté pour fabriquer des outils. L’occupation humaine de la vallée de la Coppermine remonte à au moins 3000 ans. Samuel Hearne fut le premier explorateur européen à descendre la rivière (1771). Alors qu’il explorait cette région en 1772, il fut témoin à Bloody Falls du massacre d’un groupe local d’Inuit par la tribu Chipewyan avec laquelle il voyageait.
La rivière Coppermine a entaillé une vallée qui offre un corridor protégé à la flore et à la faune de la région et un passage pour les êtres humains qui se déplacent dans l’Arctique. La rivière est de plus en plus populaire auprès des adeptes du canot et des amateurs de sports en eau vive. Le parc de Bloody Falls, situé à 13 kilomètres au sud de Kugluktuk, est un endroit recherché par les voyageurs et les résidents pour le camping et la pêche. De nombreuses espèces de poissons vivent dans la rivière dont l’omble chevalier, le touladi et l’omble arctique. La vallée abrite une grande diversité de mammifères et d’oiseaux, comme l’orignal et le grizzli, l’aigle doré et le faucon pèlerin.